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Cour suprême : John Paul Stevens prend sa retraite

Le juge John Paul Stevens, doyen de la Cour suprême des États-Unis, à presque 90 ans, va partir, ouvrant la voie à Barack Obama pour procéder à une deuxième nomination à la plus haute juridiction des États-Unis, a-t-on appris vendredi auprès de l’institution.

« Je quitterai mes fonctions de juge à la Cour suprême (…) au lendemain de la suspension des travaux pour l’été », écrit le juge dans une lettre adressée vendredi au président américain.

John Paul Stevens avait été nommé en 1975 par le président conservateur Gerald Ford. Considéré un temps comme conservateur centriste, ces opinions ont évolué vers une tendance plus modérée. Il est aujourd’hui considéré comme le pilier du bloc progressiste à la Cour suprême.

Il est depuis 2005 le doyen de la Cour suprême, l’organisme au sommet du pouvoir judiciaire aux États-Unis. Elle a pour rôle l’interprétation de la Constitution et constitue un tribunal de dernier recours.

Le juge avait laissé entendre depuis des mois qu’il pourrait partir dès cet été et la Maison Blanche semble avoir commencé à lui chercher un successeur. « Si un juge démissionnait de la Cour suprême, nous serions prêts », avait assuré lundi le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs.

Barack Obama choisira très probablement un autre juge libéral pour remplacer John Paul Stevens. Ce départ à la retraite ne devrait donc pas changer l’équilibre entre libéraux et conservateurs à la Cour suprême : quatre juges dans chaque camp et le juge Anthony Kennedy dont l’alignement varie selon les affaires.

John Paul Stevens sera néanmoins regretté à cause de l’influence qu’il avait sur beaucoup de juges, notamment les plus modérés. Son successeur aura du mal à démontrer un rayonnement similaire à celui qui a siégé pendant 35 ans à la Cour suprême. Il devra notamment affronter les élus républicains, qui devront valider au Congrès et au Sènat la nomination décidée par le président Obama.

Plusieurs noms circulent à Washington pour son successeur, parmi lesquels deux femmes. L’une d’elles, Elena Kagan, modérée proche de M. Obama, a la particularité de ne jamais avoir été juge, contrairement à l’ensemble des membres actuels de la Cour, une originalité qui pourrait faire la différence.

Obama avait déjà entrepris de dépoussiérer la Cour suprême en nommant en 2009 Sonia Sotomayor, une femme née dans le Bronx qui est la première latino à siéger à ce poste.

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