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Couvercle anti-fuite, deuxième épisode

Le géant pétrolier BP a annoncé mercredi avoir déposé au fond de la mer le nouveau “couvercle”, plus petit et probablement plus résistant. Ce procédé “inédit et très complexe” pourrait enfin contrôler la fuite de pétrole qui provoque une vaste marée noire dans le golfe du Mexique.

“Le couvercle a été descendu au fond de la mer la nuit dernière et se trouve actuellement dans la zone immédiate de la fuite, et le plan est de le placer sur celle-ci afin qu’il soit opérationnel d’ici la fin de la semaine”, a indiqué un responsable de BP, Bryan Ferguson.

La semaine dernière, le groupe qui exploitait la plateforme Deepwater Horizon, qui a sombré à 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril après une explosion, avait déjà tenté une opération similaire, espérant stopper l’écoulement quotidien de 800.000 litres de brut.

BP avait placé une sorte d’entonnoir d’acier mesurant 12 mètres de haut et pesant une centaine de tonnes sur la fuite, afin de récupérer le pétrole, mais avait été contraint samedi de retirer cette chape en raison de la formation de cristaux similaires à de la glace, sous l’effet du gaz et de l’eau.

Le nouveau couvercle étant beaucoup plus petit, avec 1,6 tonnes pour environ 2,4 mètres de hauteur, BP espère limiter cette formation de cristaux, d’autant que de l’eau chaude et du méthanol pourront y être injectés à cet effet.

Mais alors que la marée noire continue de menacer la faune et la flore locale au grand dam de l’administration américaine, le responsable de BP a toutefois relevé qu’il s’agissait “d’un procédé inédit et très complexe”.

Le secrétaire américain à l’Energie, Steven Chu, s’est montré de son côté optimiste sur la possibilité de contenir la marée noire après avoir rencontré mercredi des experts au centre de commandement de BP à Houston au Texas.

“Les choses ont bon allure. Des progrès sont effectués”, a dit M. Chu, sans détailler les raisons de cet optimisme soudain, et en soulignant que la situation n’était pas encore maîtrisée. Mais, a-t-il toutefois affirmé, “je suis plus à l’aise qu’il y a huit jours”.

Au même moment, les autorités de Louisiane ont semblé aller dans son sens, annonçant la réouverture d’une petite partie des zones côtières de l’Etat à la pêche commerciale et de loisir. La zone concernée se situe au large de Grand Isle, depuis l’embouchure du Mississippi jusqu’à Belle Pass.

Mais la nappe de pétrole représente toujours un danger pour l’écosystème de la Louisiane, d’autant que selon les experts, les ouragans pourrait provoquer des déferlantes de brut sur les plages et apporter des embruns chargés d’hydrocarbures dans les villes de la côte. A trois semaines seulement du début de la saison des ouragans dans l’Atlantique nord, qui s’annonce particulièrement active cette année, le risque est élevé qu’une tempête majeure balaie la zone souillée par le pétrole

“Les vents forts pourraient éparpiller le pétrole sur une zone étendue”, explique Dennis Feltgen, météorologiste au Centre national des ouragans (National Hurricane Center). Pire, “des accès de tempête pourraient apporter le pétrole dans les terres, mélangé avec des débris”, ajoute-t-il.

Mais d’un autre côté, des vents forts mélangés à l’eau de mer pourraient aussi “contribuer à accélérer le processus de biodégradation” du pétrole, selon ce spécialiste.

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