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Cyrille Giraud, une candidature verte et autonome

Représentant Europe Ecologie-Les Verts à la prochaine législative, Cyrille Giraud n’hésite pas à remettre en cause certaines mesures défendues par Corinne Narassiguin, se démarquant ainsi de la candidature socialiste. Entretien.

France-Amérique : Comment se déroule votre campagne dans une élection si incertaine ?

Cyrille Giraud : C’est très excitant. On est dans l’inconnue totale. C’est très difficile de dessiner une tendance pour le moment car la circonscription est très large. Il est impossible de déterminer quel sera le profil des électeurs qui se déplaceront encore aux urnes pour ce scrutin.

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a-t-il une base de soutiens fidèles sur lesquels vous pourrez vous appuyer pour cette élection ?

Après les lettres et courriels qu’on a envoyés aux électeurs, je vois qu’il y a effectivement des sympathisants, notamment en Californie. Ma campagne comprendra très peu de déplacements mais ça ne m’empêche pas d’atteindre des personnes assez loin. Il y a par exemple une vraie sensibilité pour l’environnement sur la côte Ouest.

Lors de la dernière législative, vous étiez dans un ticket commun avec la candidate PS. Comment les électeurs accueillent-ils votre candidature ?

Des personnes pensent encore que je me présente pour le PS. Certains me demandent aussi comment je suis passé du PS à EELV. Je dois souvent rappeler que j’ai toujours été à EELV et expliquer pourquoi le ticket n’a pas été renouvelé. Aucun accord entre les deux partis n’avait été prévu en cas d’annulation d’élection. Corinne Narassiguin a expliqué que dès le premier jour de l’invalidation de son élection, elle a contacté Franck Scemama pour qu’il représente le PS. C’est une bonne chose aussi que je me présente car certains électeurs d’Europe Ecologie-Les Verts regrettaient de ne pas avoir de candidat lors de la dernière élection.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres candidats de gauche ?

J’ai une certaine légitimité. J’étais là l’année dernière. On m’a choisi en tant que suppléant l’an dernier pour ma connaissance du terrain. J’ai acquis depuis un autre niveau de connaissance après l’élection de Corinne Narassiguin, même si le rôle de suppléant était symbolique car j’avais peu de moyens pour faire quelque chose de concret. Ma candidature est légitime d’autant que EELV est un grand parti, et c’est tout à fait normal qu’il soit représenté à une élection législative. Ma candidature va être axée sur le local car contrairement à d’autres candidats, je vis dans cette circonscription, et ce depuis plus de dix ans.

Sur les sujets locaux de nombreux candidats de droite comme de gauche sont en réalité d’accord sur plusieurs points.

Ce qui touche à la fiscalité ou à l’éducation met à peu près tout le monde d’accord. C’est un peu plus difficile pour le PS car il y a des votes qui ont eu lieu après l’élection de Corinne Narassiguin et qui ont remis en cause des sujets de campagne. Comme la suppression de la PEC et le fait que les montants redistribués aux bourses ne sont pas équivalents. Mais aussi le dossier de la fiscalité avec la CSG et la plus-value des ventes de biens immobiliers pour les non-résidents.

Vous remettez donc en cause des mesures votées par le PS pendant la législature de Corinne Narassiguin ?

Je peux comprendre que des gens qui ont été impactés par ces mesures et qui ont voté pour Corinne Narassiguin et moi l’année dernière ressentent une certaine frustration. La promesse de campagne était que les montants alloués à la PEC seraient en totalité reversés aux bourses scolaires. Clairement, on s’en est écarté. Ça a été injuste pour certaines personnes. Même si ces sujets ne concernent qu’une petite portion de Français, l’éducation dans les établissements français entretient le lien entre la France et les expatriés établis ici.

Vous souhaitez notamment abolir la CSG sur les ventes immobilières des Français qui sont non-résidents, une mesure défendue par Corinne Narassiguin et le PS.

Ce n’était pas dans le programme l’année dernière. Et je n’ai pas du tout été consulté sur le sujet par le PS. Il y a un côté aberrant dans cette mesure car on prélève une cotisation pour la sécurité sociale dont ne bénéficient pas les Français de la circonscription. Je propose l’abolition de la CSG pour les personnes physiques et je demanderai à ce que l’argent récolté auprès des personnes morales soit attribué au financement des bourses scolaires. C’est une réponse à l’une des problématiques symboliques de la circonscription.

Quel bilan tirez-vous de vos huit mois aux côtés de Corinne Narassiguin ?

Le fait d’avoir été suppléant a été un gros plus car j’ai vu les limites de la fonction. Si je suis élu député, j’aborderai le rôle de ma suppléante Emmanuelle Garcia-Guillén différemment. J’aurais à cœur de lui donner des responsabilités. Ce serait intéressant aussi qu’elle puisse parfois me représenter.

Vous donnez l’impression que vous étiez sous-utilisé pendant la législature de Corinne Narassiguin…

Oui, et c’est un peu dommage. En tant que suppléant, je voulais aider le plus possible, même si j’avais toujours un emploi à côté. Vu la taille de la circonscription, il faut profiter du rôle du suppléant pour qu’il y ait quelqu’un qui soit en Amérique du Nord pendant que l’autre est à Paris.

Dans votre programme, vous évoquez la nécessité de développer la vie associative pour les Français de l’étranger.

Chacun vit la situation dans son coin, alors que souvent de nombreux Français sont confrontés aux mêmes difficultés. Je veux qu’on évite les situations d’urgence parce que justement il y a eu une mauvaise communication. Je veux créer une plate-forme ou les associations, les consulats pourraient interagir et diffuser des informations essentielles aux expatriés.

Pensez-vous que l’élection va se jouer au Canada, qui avait très largement mis en tête Corinne Narassiguin en juin dernier ?

Tous les candidats ont constaté que le Québec a pesé lourd dans la balance l’année dernière. D’ailleurs cette année, on voit qu’il y a beaucoup de candidats ou de suppléants qui sont basés à Montréal, contrairement à l’année dernière. Mais de facto, il y a plus d’électeurs potentiels aux Etats-Unis.

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