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D-Day


Ils seront une soixantaine, chaque année moins nombreux, les vétérans américains de la Seconde Guerre mondiale, à prendre le chemin des plages de la côte normande pour célébrer ce 6 juin 1944 où 63 ans plus tôt, ceux des leurs venus mourir sur Omaha Beach. Du 1er au 6 juin 2007, plusieurs commémorations sont organisées avec en point d’orgue, le 6 juin, l’inauguration, ouverte au public, à 10h30, du nouveau Visitor Center de Colleville-sur-Mer.



 


Pas moins d’un million  600 000 visiteurs font le déplacement chaque année au cimetière de Coleville géré par l’ABMC, American Battle Monuments Commission, l’organisme en charge des cimetières américains à l’étranger. Il a été décidé de construire un nouveau centre d’accueil tout entier dédié à la gloire de ces jeunes soldats d’Oklahoma, de Pennsylvanie ou de Virginie. Coût : 30 millions de dollars. Face à la mer, un bâtiment tout en longueur de 2800 m2, de granit et béton, semble bien s’intégrer dans le bocage normand. Lorsque le visiteur pénètre à l’intérieur; la vue est spectaculaire : à gauche,  le cimetière, dans un parc boisé où il pourra se recueillir ensuite,  à droite, la plage d’Omaha, avec le monument de la 1ère Division US. Dans le prolongement du musée, un bassin à débordement en granit noir, de 400 m3. Sur son fronton, la carte des cinq lieux de débarquement, et une épitaphe : « Le temps n’altère pas la gloire de leurs exploits ». « Un lieu qui se doit d’être émotionnel » selon le directeur du centre James M. Woolsey « et pas seulement avec les familles des vétérans mais pour tous les visiteurs ». Des visiteurs qui sont pour moitié français, 20 % sont des américains, et les autres nationalités se partagent entre Belges, Néerlandais, Espagnols et Italiens pour les plus nombreux, les Allemands viennent aussi. Pour l’un des architectes français, Nicolas Kellerman, « le projet était surtout de mettre en perspective le rapport avec le paysage, acteur fondamental du débarquement. L’idée n’est pas d’isoler le visiteur dans un bâtiment mais qu’il se projette dans la réalité de l’événement ».


 


Dans le hall du rez-de-chaussée, marbre indien au sol et placage africain aux murs, un espace est dédié aux mémoriaux et cimetières de l’ABMC pour honorer la mémoire des Américains tombés au combat à l’étranger, de Mexico City en 1848 aux guerres du Pacifique. En face, des ordinateurs où le visiteur pourra entrer le nom d’un soldat et retrouver, dans la base de données, son rang, son unité, et la date et le lieu de son décès. Quelques marches et l’on descend au sous-sol où se trouve l’exposition permanente divisée en trois grands thèmes : la compétence, le courage, le sacrifice. Un parcours destiné à comprendre les grandes étapes du débarquement grâce à des bornes explicatives avec photos sur l’entraînement des soldats au combat avant le jour j, telle celle intitulée « Sauter du ciel ». Un grand cylindre métallique ajouré avec, venant du ciel, les voix de soldats racontant leurs exploits, devrait selon le directeur du centre, remporter un vif succès. Sur toute la longueur du mur, en projection, des images du peuple français sous l’occupation.


Dans l’auditorium de 120 places, les visiteurs pourront assister à un film d’une quinzaine de minutes mettant en scène l’histoire de cinq soldats et leur destin commun. Dans la dernière salle, en arc de cercle, inondée de lumière, cinq portraits de soldats, à gauche, ceux morts au combat dont le lieutenant Jimmie Monteith, l’un des trois soldats à avoir reçu la médaille d’honneur ; à droite les rescapés, dans leur chair et dans leur cœur. Pas de boutique souvenirs. En sortant du Visitor Center, une allée mène au cimetière. Là, un groupe d’écoliers
venus de Rennes avec leur professeur essaie de décrypter, face à la plage, une carte qui leur paraît compliquée : « c’est quoi beach ? ».


 


Visitor Center : 011 33(0)2 31 51 62 00


 

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