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Dakar-2009 : les organisateurs face à la polémique arès la mort d’un motard français

L’organisation du Dakar s’est trouvée confrontée jeudi à une polémique suscitée par les circonstances de la mort annoncée mercredi du motard français Pascal Terry, qui aurait pu être évitée selon un responsable de la police argentine.

Disparu dimanche en fin d’après-midi, lors de la 2e étape entre Santa Rosa et Puerto Madryn, Terry a été retrouvé sans vie dans la nuit de mardi à mercredi, soit 56 heures après le dernier signe de vie donné par le Francilien.

Dès l’annonce de la découverte de son corps mercredi matin, le directeur du Dakar, Etienne Lavigne, a évoqué des dysfonctionnements internes.

La révélation d’un résultat officieux de l’autopsie n’a fait qu’accroître la pression sur l’organisation d’Amaury Sport Organisation (ASO).

Le film de la tragédie: Pascal Terry, 49 ans, participe à son premier Dakar, avec son ami Pascal Gilbert. Les deux hommes ont prévu de rouler en “binôme” lors de l’étape partie dimanche. Le dossard N.192 chute -a priori sans conséquences- dès le début de la spéciale, selon le récit de Gilbert. Les deux hommes se perdent ensuite dans la poussière. A 12h30 locales (15h30 GMT), il prévient qu’il est tombé en panne d’essence puis qu’il en a récupéré auprès d’un autre concurrent.

Quand déclenche-t-il sa balise de détresse ?

A 17h13 (20h13 GMT), le PC organisation à Paris est prévenu par SARSAT, société qui gère le système GPS, via le prestataire TD Com, d’un déclenchement de balise, avec un point de référence précis (à quelques mètres près). Voyant qu’il n’a pas bougé depuis son problème d’essence – a priori pourtant résolu-, l’organisation tente de le joindre à deux reprises (18h38/21h38 GMT et 19h14/22h14 GMT). Sans obtenir de réponse.

Pourquoi les recherches ne débutent-elles que lundi ?

“L’information de l’émission de sa balise est arrivée à Paris le 4 janvier (dimanche) soir (heure rallye) et nous (sur place) sommes prévenus le 5 (lundi). Il y a eu un problème dans la chaîne de communication. Il y a des choses qu’on ne s’explique pas”, a reconnu Etienne Lavigne, pointant un premier dysfonctionnement interne.

Comment s’organisent les recherches ?

Pascal Terry a été retrouvé à 15 m de sa moto, le casque retiré avec de la nourriture et de l’eau à ses côtés. A 5h46 lundi matin, la voiture balai d’ASO passe dans la zone où est susceptible de se trouver le pilote, sans le trouver. Dans l’après-midi, la défense civile effectue également des recherches sans succès. Les recherches apparemment sont rendues difficiles par le terrain accidenté et surtout une végétation très dense. A 19h25 lundi soir, un avis de recherche national est lancé par la Gendarmerie.

Pourquoi les recherches sont-elles interrompues dans la nuit de lundi à mardi ?

Le communiqué transmis mercredi matin par ASO explique qu’une “information erronée” a fait croire aux organisateurs que Terry avait été retrouvé et qu’il était en route pour le bivouac. Sans vérifier la véracité de cette information, les organisateurs suspendent les recherches et préviennent l’équipe et la famille de la bonne nouvelle. Ce n’est que “plus tard dans la journée”, comme l’explique ASO, que les organisateurs s’apercoivent de la méprise et relancent leurs propres secours, qui découvriront le corps à 2h10 du matin mercredi.

De quoi est-il mort ?

Selon le chef du département des opérations de la police argentine de La Pampa (centre-sud), Julio Acosta, Terry est “officieusement” décédé “d’un oedème pulmonaire causé par l’ingestion d’un aliment, ce qui a provoqué un arrêt cardiaque”. Du côté de l’organisation, c’est la discrétion. “On a des résultats officieux mais officiellement, je ne sais rien. Il y a des rumeurs. Mais aujourd’hui, je n’ai aucune information et c’est normal. La communication (des résultats de l’autopsie) sera faite à la famille, qui arrive jeudi à Buenos Aires”, a affirmé Etienne Lavigne.

Terry aurait-il pu être sauvé sans ces heures perdues ?

“Oui”, selon M. Acosta, le pilote “aurait pu être sauvé s’il avait été secouru à temps” et si la police avait été avertie “suffisamment à l’avance pour commencer les recherches”.

Comment réagit ASO ?

Depuis l’annonce de la découverte du corps mercredi matin, seul Etienne Lavigne est habilité à répondre aux questions. Il passe ses journées en hélicoptère, injoignable, pour veiller sur la course et mercredi soir il est resté dans son motor-home se montrant disponible seulement quelques minutes avant le briefing pilote. Les autres membres d’ASO se contentent de répondre “je ne sais pas” à toutes les questions concernant cette affaire, même les plus basiques, ne nécessitant aucun commentaire.

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