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Dans le Queens, les habitants s’organisent pour faire face à l’ouragan Irene

Alors que les conditions météorologiques se sont dégradées au fil de la journée à New York, de nombreux habitants du Queens se sont préparés à faire face à l’arrivée de l’ouragan Irene.

Hier, face à la menace de l’ouragan Irene, les New Yorkais ont envahi les supermarchés pour acheter les produits de première nécessité. Certains magasins avaient déjà fermé leurs portes pour laisser leurs employés rentrer chez eux avant midi, heure à laquelle le réseau de transport de New York a arrêté de fonctionner jusqu’à nouvel ordre.

Beaucoup de monde dans les supermarchés

Mais d’autres ne comptaient pas baisser le rideaux de fer avant qu’ils n’y soient contraints. C’est le cas de Trade Fair, sur Metropolitan Avenue à Richmond Hill, dans le Queens.  Cet après-midi, de nombreux conducteurs tentaient de trouver une place sur le petit parking afin de faire leurs dernières courses pour subsister jusqu’à ce que la situation revienne à la normale.

Depuis vendredi, les lignes d’attente aux caisses ne désemplissaient, tandis que les rayons se vidaient. « J’ai doublé mon chiffre d’affaire habituel, entre vendredi et samedi matin», s’exclamait Hussama Jaber, le gérant de ce magasin familial. « Depuis 30 ans, nous sommes ouverts 24 heures sur 24, je ne compte pas fermer pendant l’ouragan Nous allons renvoyer le personnel chez lui, et il ne restera que les managers ». Dans les chariots, les clients empilaient des bouteilles d’eau, soucieux de pouvoir s’hydrater en cas de catastrophe.

A Rockaway Beach, face à l’aéroport JFK, les rues se désertaient au fil de l’après-midi. Depuis vendredi, tous les résidents avaient été sommés de partir, l’île étant classé en zone A, à très hauts risques en cas d’inondation, par les services de la mairie. A 17 heures, tous les bus chargés d’évacuer les derniers habitants quittaient Rockaway Beach, laissant les seuls résistants gérer les trombes de pluies et le rafales de vent annoncées.

Des habitants en zone à risques qui refusent de partir de chez eux

Du côté résidentiel, de nombreuses maisons vides affichaient des fenêtres pansées de scotch afin d’empêcher qu’elles ne se brisent. Des grands panneaux de bois avaient également été installés devant les principales ouvertures.

Sur la 121e rue, Tim O’Brien, ainsi que ses voisins du deuxième étage, Kim et Giovanni Mannino avaient décidé de rester chez eux au lieu de partir comme les 370 000 autres personnes vivant dans des zones établies comme dangereuses. Avant que les conditions climatiques ne se dégradent trop, ils promenaient tous ensemble leurs chiens, Whisky et Rocky. « Ils sont très anxieux », précisaient-ils. « Nous allons restés confinés à l’intérieur. Le seul problème serait que le sous-sol soit inondé. Pour le reste, notamment les voitures, nous avons notre assurance».

Au bord de l’eau, certains surfers, avaient décidé de profiter des vagues de plus en plus grosses, quit à mettre leur vie en danger. Une jeune fille de 21 ans a d’ailleurs failli se noyer ne pouvant plus maîtriser sa planche face à la force du courant.

D’autres locaux se baladaient sur la promenade de Rockaway Beach, juste au-dessus de la plage presque déserte. Protégés par leur parapluie ou leurs manteaux de pluie, ils regardaient au loin l’horizon menaçant et l’océan énervé.

« Cet ouragan promet d’être fort. Il arrive lors de la nouvelle lune et va nous frapper alors que la marée sera haute », soulignait Mike Sullivan, un habitant du quartier. Sa femme et lui avaient décidé de rester dans leurs maisons. « Nous avons tout pour camper chez nous en cas de besoin. »

«  Je vis ici depuis 66 ans, je ne suis jamais partie et ce n’est pas aujourd’hui que je vais le faire », expliquait Meg Flaherty, en se souvenant des ouragans Donna en 1960 et Gloria en 1985 qui avaient également frappé New York. Elle avaient acheter assez de boissons et de nourriture pour tenir en cas de catastrophe. « Nous avons rangé le jardin, ça devrait aller », ajouter Bryanne, sa fille, confiante.

Sur la jetée, des voitures de police continuaient à faire des allers-retours, incitant les habitants à rentrer chez eux. L’ouragan Irene devrait frapper New York demain matin.

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