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Danse : la grand-messe de Pascal Rioult à New York

Depuis lundi soir et jusqu’au 19 avril prochain, le chorégraphe français Pascal Rioult présente au Joyce Theather de New York un nouveau spectacle en première mondiale The Great Mass, qui tire son thème de la Messe en do mineur de Mozart. Trois autres chorégraphies sont également au programme : Views of the Fleeting World (2008), Les Noces (2005), and Wien (1994).

Gagnez 2 places pour assister dimanche 19 avril au spectacle, en répondant les premiers sur info@francetoday.com à la question suivante : Quel théâtre parisien a rendu cette semaine hommage à la grande chorégraphe américaine Martha Graham, dont Pascal Rioult était l’élève? Retrouvez la réponse sur france-amerique.com!

 

Dans la salle de répétition exiguë, le spectateur se rappelle que la danse, c’est avant tout une affaire de corps. Des corps qui transpirent, des corps qui soufflent et s’essoufflent, tendus à l’extrême. Sans la distance de la scène et des éclairages, ils dévoilent leur effort et le travail se révèle. La magie du spectacle réside là, dans cette capacité à faire oublier la souffrance, pour faire surgir la beauté. Il faut dire que les danseurs répètent une chorégraphie de Pascal Rioult, réputé pour son exigence technique, et qu’ils sont soumis à rude épreuve. « J’applique une technique héritée de Martha Graham, elle demande une endurance exceptionnelle », expliquait à France-Amérique le chorégraphe, venu l’an dernier à New York présenter notamment Views of the Fleeting World (2008).

Est-ce un hasard ? Avant d’arriver tardivement à la danse, Pascal Rioult était athlète de haut niveau. À 25 ans, il bifurque vers la danse – à l’âge où beaucoup de danseurs songent à la retraite. Nous sommes en 1981, et la danse contemporaine est quasi-inexistante en France. Il obtient une bourse du ministère de la Culture pour étudier à New York, où il s’installe, prend des cours, et danse entre autres pour Merce Cunningham. Mais son style trop intellectuel ne lui convient pas, il recherche une danse plus physique et surtout plus dramatique. Il entre en 1984 dans la compagnie de Martha Graham, avec qui il travaillera comme premier danseur pendant 10 ans.

Après avoir débuté comme chorégraphe en 1989, il crée sa propre compagnie de danse en 1994, pour laquelle il chorégraphie des pièces inspirées le plus souvent par la musique classique. « Ma réputation aux États-Unis est basée là-dessus. Et quand le public est dejà en terrain connu, c’est plus facile pour lui d’entrer dans l’œuvre », confiait encore Pascal Rioult en 2008. Si Ravel et Stravinsky sont ses compositeurs fétiches, c’est La Messe en do mineur de Mozart qui a ses faveurs dans le spectacle qu’il crée ce mois-ci à New York, un retour au source pour ce fils de directeur de chorale classique. Le spectacle sera d’ailleurs dédié à la mémoire de sa mère décédée en septembre dernier.

Pascal Rioult danse encore de temps en temps, mais pas dans ses derniers spectacles : « Je suis en forme, et je pourrais me chorégraphier des rôles adaptés, ce que j’ai fait  en 2007, mais je le fais de moins en moins. La principale difficulté pour le chorégraphe-danseur, c’est d’être à la fois dans le spectacle et d’avoir un regard extérieur. » Malgré tout, c’est lui qui exécute les mouvements pour expliquer une nouvelle chorégraphie aux danseurs, qui vont ensuite se les approprier.

À la tête d’une compagnie de 10 danseurs salariés, Pascal Rioult se dit aussi homme d’affaires, au moins à mi-temps. « Aux États-Unis, les compagnies de danse sont uniquement financées par des fonds privés. Ce sont des fondations, des entreprises françaises aussi, qui nous subventionnent pour moitié, le reste provenant des ventes de billets. Il faut constamment aller chercher l’argent, et c’est moi, en tant que chorégraphe et directeur de la compagnie, qui doit faire le VRP. » De plus, les temps sont durs pour la danse contemporaine : à New York, il n’y a plus qu’un théâtre – le Joyce Theatre – entièrement dédié à la danse.

Ses spectacles tournent maintenant en Europe, et plus particulièrement en France. « J’ai eu du mal à m’imposer. En France, je suis considéré comme un chorégraphe américain, et je suis catalogué Modern Dance. Le problème, c’est que ce genre appartenait à Martha Graham, et qu’on a longtemps considéré que le Modern Dance était mort avec elle. Une partie du public me suivait, mais j’étais snobé par l’intelligentsia. Aujourd’hui, c’est ce qui fait ma force ». Ses affinités françaises, il les voit plutôt du côté de Béjart – « exemple maudit d’un grand chorégraphe rejeté ».

Infos pratiques :

Les 14, 17, 18 (soirée) et 19 (soirée) : The Great Mass

Les 16 et 19 avril (matinée) : Views of the Fleeting World, Les Noces, Wien

Le 15 avril : Gala au Altman Building à Chelsea

Réservations et programme complet sur www.joyce.org ou prdance.org

 

 

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