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De 9 000 à 20 000 manifestants à Paris pour défendre l’école

Entre 9 000 personnes selon la police et 20 000 selon les organisateurs ont défilé mardi à Paris, de la Sorbonne à la Bastille, dans le cadre de la manifestation nationale contre le projet d’évaluation des enseignants et les 14.000 suppressions de postes de la rentrée 2012.

Le cortège a démarré vers 14h30 derrière une banderole exigeant le “retrait du projet d’évaluation et l’arrêt des suppressions de postes”. Les enseignants “Rased”, spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire, étaient venus en nombre, une spécialisation qui paie un lourd tribut aux suppressions de postes. Certains portaient des chasubles proclamant “Rentrée 2012: 250.000 élèves privés d’aides spécialisées”.

Sur les 14 000 postes qui doivent être supprimés à la rentrée 2012, 6 550 vont l’être dans les collèges et lycées et 5.700 dans le primaire, dont quelque 2 500 nouveaux postes d’enseignants “Rased”, selon un décompte du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, qui a réalisé une carte de France gigantesque dénombrant les suppressions des  “Rased” département par département. Le Snes (premier syndicat du secondaire) constituait le gros des bataillons venus de toute la France: Lille, Marseille, Strasbourg, Montpellier, Belfort…

En tête du cortège, parti de la Sorbonne pour rejoindre la Bastille, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération dans l’éducation, s’est félicitée de la mobilisation “très significative”. “Le taux de grévistes est important et ce n’était pas gagné”, a-t-elle dit à l’AFP. “Aujourd’hui, on fait la démonstration que les personnels de l’éducation ne sont pas prêts à attendre l’élection (présidentielle)”. “La journée est révélatrice de la politique dévastatrice que mène le gouvernement tant sur l’évaluation qui touche au coeur des métiers que sur les suppressions de postes”, a ajouté Mme Groison. “Il est urgent de stopper cette politique qui tourne le dos à la réussite de tous les élèves. Il faut absolument que des projets éducatifs émergent avec des moyens adéquats”, a insisté la responsable syndicale.

François Portzer, président du Snalc, a souligné que le projet de “réforme de l’évaluation des enseignants du secondaire est gravissime car elle remet en question la spécificité de notre métier”, faisant valoir que “le chef d’établissement n’est pas compétent pour évaluer les disciplines”. Les manifestants scandaient “Retrait des décrets Chatel, ni négociable ni amendable”. Les enseignants sont également appelés à la grève et des mobilisations avaient lieu en province.

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