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De New York jusqu’à “la Californie”

En octobre prochain, Julien Clerc fêtera ses 60 ans. Un coup au moral pour les fans de la première heure ! …. Et pourtant c’était hier, ou presque, en 1970, que Paul-Alain Leclerc, alias Julien Clerc, déjà connu pour ses premiers tubes La Cavalerie ou Ivanovitch, jouait dans la version française de la comédie musicale Hair sur la scène du Théâtre de la Porte Saint-Martin. Hier, que le jeune homme aux boucles brunes romantiques réveillait notre Cœur Volcan étirant les mots d’Etienne Roda Gil sur des compositions originales. Hier encore, qu’il nous séduisait toutes sans exception, nous interpellant avec désir et conviction en chantant Femmes je vous aime dans son douzième album Femmes Indiscrétion Blasphème paru en 1982… Mais, dès le troisième album ( 1971), il nous avait prévenu : « Ce n’est rien, tu le sais bien, le temps passe ce n’est rien… », et il a tenu sa promesse.

La musique et… l’amour

« Il n’y a que deux choses qui me font vibrer, la musique et l’amour », dit Julien Clerc, fidèle en 2007 à lui-même. « Le plus important a toujours été les chansons, la musique, et ma vie privée. La célébrité ne m’a jamais obsédé. Ce qui m‘intéressait, c’était d’être reconnu. J’ai un sens du ridicule très poussé, ce qui n’est pas toujours facile à assumer dans ce métier, et je suis très exigeant avec moi-même. Si ce que je faisais ne me plaisait plus j’arrêterais… J’ai prié très fort pour que les autres aiment aussi ! », dit en riant Julien Clerc. Et il a été exaucé. Depuis son premier 45 tours, La Cavalerie, édité en 1968, le succès n’a plus jamais quitté ce Parisien de naissance qui a fait sa scolarité au lycée Lakanal de Sceaux avant de s’inscrire à la Sorbonne. C’est là qu’il rencontre le parolier Étienne Roda-Gil disparu en 2004, l’ami des premiers succès (Des jours entiers à t’aimer, Niagara, Ce n’est rien, This melody… ), perdu et retrouvé en 1992 pour l’album Utile. « J’ai toujours eu la chance de travailler avec des auteurs de qualité et aujourd’hui je ne renie aucune de mes chansons. Au contraire, je les redécouvre. Celle d’Étienne par exemple. Il avait six ans de plus que moi et, à 20 ans, ça compte. Aujourd’hui, en les chantant, je continue à explorer ses textes », dit Julien Clerc qui, en cette année anniversaire, s’offre une tournée américaine.

 

Son rêve américain

« La dernière fois, c’était en 1999. Je m’étais régalé. J’avais été étonné de connaître ce public de Français ou de couples mixtes, de professeurs avec leurs élèves, tous enthousiastes. J’ai eu envie de refaire cela, une tournée en petite formation à trois sur scène. C’est sans doute ma part de rêve américain. Il y aura des chansons de mon répertoire ancien et quatre chansons de mon dernier CD « Double Enfance », explique Julien Clerc. La tonalité de cet album est moins légère que d’habitude. Dans le titre Double Enfance, l’artiste s’interroge sur les fractures de l’enfance— « C’est une chanson sur le divorce, celui que mes parents m’ont fait subir et que j’ai fait moi-même subir à mes enfants lorsque je me suis séparé de ma femme. Une façon de prendre date… » dit Julien, père de quatre enfants dont le dernier a 10 ans — il s’interroge aussi dans Rester – « Qu’est ce qu’on pourra bien dire de moi ? »­ — « On ne peut pas avancer dans la vie sans une certaine tristesse, une certaine gravité. Mais je voudrais aussi dire que l’on m’a souvent fait chanter des mots tristes. Les auteurs mettent beaucoup d’eux-mêmes dans les paroles qu’ils me proposent. « Rester » a été écrit par Carla Bruni qui pose peut-être là une question qui lui tient à cœur ». En revanche, on retrouve dans Double enfance la femme exotique, la « Mélissa, métisse d’Ibiza», omni présente dans l’univers du chanteur. « Cela me vient peut-être de mes racines guadeloupéennes du côté de ma mère.. J’ai encore de la famille là-bas, aux Antilles. En ce moment je travaille sur un projet de chansons en créole et je les interprète avec une grande facilité… C’est sans doute dans mes gênes. Mais les meilleurs voyages sont ceux que l’on fait en rêve ! » « Partir, partir, très, très loin de la région du cœur/ là où la peau change de couleur »… Dans Double enfance, Julien Clerc s’envole du côté de l’Amazonie où le Rio Negro charrie des eaux sensuelles : « La coulée chaude de tes flots jaillit comme un feu qui ruisselle entre les cuisses d’une belle. » « C’est une histoire d’amour fou », précise Julien Clerc. Inutile. On le sait depuis plus de trente ans.

En français

Décidément les tours de chant vintage sont à la mode comme en atteste le retour triomphal sur scène de Michel Polnareff. « La technique offre beaucoup de possibilités… Sur Internet, on peut faire un disque. Mais cela redonne du sens au spectacle vivant sur scène. Je crois que ces chansons que nous avons écrites en grattant une guitare, mixées en studio, restent éternelles. L’absence de technique nous obligeait à être imaginatif. D’ailleurs aujourd’hui on écoute beaucoup de reprises. » Julien Clerc chantera-t-il en anglais à New York ou à Los Angeles ? « Lors de ma dernière tournée américaine ; j’avais beaucoup parler en anglais pendant mon spectacle, du « stand up », des petites séquences préparées avec le journaliste et scénariste Laurent Chalumeau. Là je ne sais pas, j’improviserai. Mais chanter en anglais, non ! C’est la langue française qui m’a guidé dans mes compositions ; je ne pourrais pas créer des musiques sur l’anglais ». Julien Clerc en défenseur de la francophonie ? « Je crois que la francophonie existe. Les gouvernements ne s’en rendent pas compte. Il n’y a pas sur ce dossier de vision politique. On a l’impression de se défendre avec un lance-pierre contre des bazookas, mais lorsque l’on est à l’étranger et que l’on écoute TV5, c’est important. Il ne faut pas laisser tomber. »


Pour autant Julien Clerc ne se propose pas pour mener le combat. « J’ai été engagé dans la politique à l’époque de Mitterrand car il était question d’une vraie alternance dont la France avait besoin. Mais je ne fais plus de politique. Je suis seulement concerné par les affaires de mon pays, par la campagne présidentielle par exemple où je note que les journalistes ont de moins en moins de place. J’espère que les Français vont élire le candidat le plus prêt à faire de vraies réformes, à redonner de l’énergie à notre pays. »

Julien Clerc, lui, préfère nous donner à rêver. C’est bien ainsi.

 

www.julienclercusa.com

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