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« De nouvelles retombées de l’affaire Madoff sont à prévoir en France »

Après la première plainte française déposée jeudi dans le cadre de l’affaire Madoff, du nom du financier américain accusé d’être à l’origine d’une énorme fraude de 50 milliards de dollars, la liste des victimes françaises devrait vite s’allonger, estime Me Reihnart, avocat de la plaignante.

« Aujourd’hui, nous avons eu pas moins de 26 appels téléphoniques au cabinet de gens demandant comment faire pour demander réparation dans un cas similaire à celui de ma cliente. Alors, oui, je prévois que la liste des victimes françaises sera longue », a expliqué vendredi à France-Amérique Me Jean Reinhart, l’avocat qui représente la première plaignante française dans le cadre de l’affaire Madoff. « Nous leur répondons qu’il faut écrire directement au procureur. »

Déposée contre X pour escroquerie, complicité d’escroquerie et abus de confiance, cette plainte vise le rôle d’UBS dans la perte de l’épargne de la plaignante, une Parisienne de 66 ans, répondant selon son avocat au profil économique d’un cadre moyen. Elle avait placé 540 000 euros provenant de la vente de son appartement dans le fonds Luxalpha, un fond luxembourgeois détenu par la banque suisse UBS. « Elle avait économisé 15 ans pour acheter cet appartement », poursuit Me Reinhart. « Elle a tout perdu dans l’affaire. »

Cette épargne a été placée par Luxalpha dans les sociétés de Bernard Madoff aux États-Unis, a-t-il expliqué, et UBS « devait le savoir. Toutes les autres banques impliquées dans des pertes similaires ont reconnu avoir conscience du risque. Le Crédit suisse ainsi que d’autres établissements bancaires de la place avaient black-listé le fond Madoff suite à des études. Alors, franchement, pourquoi UBS l’aurait-elle ignoré ? »

Luxalpha avait offert à leur cliente d’investir pour une espérance de retour d’environ 8 % par an. Pour la victime, qui n’était, d’après son avocat, pas très au fait des pratiques financières, l’investissement était perçu comme « plus performant qu’ING direct », mais jamais la victime n’avait imaginé miser les économies de sa vie dans des montages à risque. « Elle était rassurée par les notes d’information qui indiquaient explicitement que le gestionnaire du portefeuille était UBS. Or UBS a viré les fonds chez Madoff et s’est désintéressé de ses méthodes de gestion », a dénoncé l’avocat, dont ces propos ont été rapportés par l’AFP.

L’enquête judiciaire pourrait débuter la semaine prochaine, si la plainte est considérée comme recevable. La victime demande le remboursement intégral de ses pertes mais ne prévoit pas pour l’instant de réclamer des dommages et intérêts. « J’invite toutes les victimes potentielles d’UBS à se déclarer le plus tôt possible. Il est temps qu’UBS agissent en adulte et reconnaisse ses responsabilités », a conclu Me Reinhart.

L’avocat n’aura pas eu à attendre longtemps pour voir son invitation honorée : une douzaine d’investisseurs français ont en effet assigné ce vendredi en référé à Paris plusieurs banques ayant placé leur argent dans les sociétés de Bernard Madoff par l’intermédiaire du fonds Luxalpha d’UBS, dont BNP Paribas, a revélé La Tribune. L’audience de référé devant le tribunal de grande instance de Paris doit se dérouler le 6 février, selon Me Véronique Lartigue, mais le tribunal n’était pas en mesure de confirmer l’information.

 

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