Subscribe

« Dead drops » : les clés au mur

Pas tout à fait du street art (ce n’est pas une œuvre d’art), pas complètement du hacking (pas de connexion internet), le Dead drops est un moyen de partager des données eninvestissant la rue comme lieu d’échange.  Il suffit de cimenter des clés USB dans des murs, poteaux ou arbres de l’espace public, accessibles à tous. Chacun peut ensuite y déposer ou récupérer des données (fichiers, film, musique) de manière anonyme en connectant son ordinateur portable.

Utilisé au départ par les services secrets pour l’échange de données sensibles, le Dead drops – qui signifie littéralement « boîte aux lettres morte » – s’est mis au goût du jour. Et les clés USB ont aujourd’hui remplacé les boîtes aux lettres. C’est à l’artiste allemand, Aram Bartholl, que l’on doit ce système « peer-to-peer » des rues.
En résidence à New York à l’automne 2010, il a installé sa première clé USB à Brooklyn. Après cinq clés essaimées dans différents lieux de la ville, le concept a fait des émules dans toute l’Europe. On en trouve aujourd’hui à Barcelone, Belgrade, à Rome ou encore Paris. Et même en Australie !
Le Dead drops réinvente l’échange de données numériques. La rue devient  la nouvelle plateforme de partage et de connexion entre plusieurs individus. En se dispensant de connexion Internet, le concept permet d’éviter le contrôle de la « cyberpolice » sur l’échange de données. Le Dead drops ne peut cependant pas se passer complètement du web qui permet de faire connaître les implantations des nouvelles clés… impossibles à trouver par hasard. Mais la discrétion, un des principes du concept, reste de mise.

France-Amérique a fait l’expérience Dead drops et s’est rendu à l’Eyebeam, un lieu investi par les artistes du monde entier à Manhattan. Quand on s’éloigne des artères commerçantes de Chelsea, au niveau de la 10ème Avenue, la clé est là, sur le mur gris d’un bâtiment industriel. Ni une, ni deux, on branche son ordinateur à la petite prise métallique dépassant du mur. Plusieurs fichiers sont disponibles : les document communs aux clés, « Read me » et « Manifesto » qui expliquent le concept, trois chansons électro, le premier chapitre d’un livre qui prône une nouvelle politique pour contrer le réchauffement climatique, et deux photos dont celle d’une rame de métro new-yorkais.
Bref, peu de fichiers, pas de virus et une petite déception… Pour l’instant cette expérience reste plus intéressante que les données effectivement disponibles. Mais cela pourrait changer car de nombreuses clés USB sont semées quotidiennement dans le monde. La dernière en date a été installée hier, Rue de Picpus à Paris.

Tous à vos clés USB !

Infos pratiques

http://deaddrops.com/

http://eyebeam.org/

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related