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Débat animé entre le patron de Total et des étudiants français de Columbia

Christophe de Margerie, directeur général de Total connu pour son franc-parler, était invité hier à un débat avec des étudiants, principalement français, de l’université de Columbia. La discussion a balayé tous les sujets sensibles, Myanmar, Iran, usine AZF, ou encore réchauffement climatique, sans jamais vraiment mettre à mal le discours bien rodé du patron de Total.

Personnage complexe et très bon orateur, Christophe de Margerie a été fidèle à sa réputation lors d’un débat avec des étudiants de l’université de Columbia, organisé jeudi soir par l’Alliance Program et la Maison Française. Face à lui, de nombreux Français, des élèves de la filière Environnement et énergie et des chefs d’entreprise. Directeur général de Total depuis février 2007, Christophe de Margerie s’est fait connaître du monde médiatico-politique pour son franc-parler, qui tranchait avec la réserve de ses prédécesseurs. Les mauvaises langues diront que Total avait un besoin urgent d’un nouveau plan de communication suite aux nombreuses affaires.

« Big Moustache » – son surnom à Total – n’a d’ailleurs pas attendu les questions de l’audience pour aborder les sujets qui fâchent. Lui qui ne s’attendait pas à faire un discours avant de répondre aux questions, s’est finalement exprimé pendant une vingtaine de minutes, notamment sur la question du financement ou non par Total de la dictature birmane. « C’est sûr qu’on préférerait commercer avec des démocraties, mais on prend l’énergie là où elle est. Qui nous dit qui sont les Indiens et les cowboys ?  », a soulevé Christophe de Margerie.  Et quand une étudiante française lui demande pourquoi l’argent est versé directement à la junte birmane et non sur un compte surveillé par l’ONU, il se contente de répondre « qu’il ne serait pas souhaitable pour la population birmane que Total s’en aille. Je n’accepterai jamais qu’on dise qu’on aide les dictatures ».

Autre sujet épineux attendu par les journalistes présents dans la salle et abordé par un professeur de l’université de Columbia, l’Iran. Christophe de Margerie se rappelle avec humour que lorsqu’il était encore jeune, il était convaincu qu’une entreprise ne devrait pas faire de politique. « Et puis j’ai travaillé à Total ! », lance-t-il. Selon lui, l’embargo n’est pas la bonne solution, et pas seulement car son entreprise est visée : « Comme le dit Barack Obama, le mieux, c’est de parler. Un embargo serait non seulement impossible, mais il ferait du mal à la population et n’arrêterait pas ceux qui dirigent ».

Le charme opère, le patron de Total ne se défile pas, et paraît plein de bonnes intentions. « Pas si sûr. Il y avait quand même eu de fort soupçon contre lui dans l’affaire « Pétrole contre nourriture » (ndlr, le Parquet de Paris a requis un non-lieu contre Christophe De Margerie), rappelle Marie, étudiante à Columbia, qui a néanmoins apprécié l’accessibilité du président de Total. Antoine, qui a pris des notes pendant le débat, a trouvé Christophe de Margerie « anticonformiste, ouvert, et très bon communicant ». Face à un auditoire pas forcément acquis à sa cause au départ, le directeur général de Total a parfaitement manié l’humour, n’a jamais vraiment paru déstabilisé et s’est attaché à restaurer progressivement l’image de son entreprise auprès du grand public.

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