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Débat télévisé électrique entre Sarkozy et Hollande

Le débat télévisé crucial avant le second tour de l’élection présidentielle française a commencé mercredi soir par des échanges tendus, voire électriques, entre les deux finalistes, le président sortant Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande, favori des sondages.

Les premières joutes ont porté sur le style de présidence que les deux hommes veulent porter et ont également commencé par une discussion sur l’économie, au cours de laquelle le président sortant a accusé son adversaire de mentir. “Vous mentez”, lui a-t-il notamment dit, lorsque François Hollande a affirmé qu’il avait fait une politique pour les plus riches. “Je veux être le président du rassemblement. Les Français ont été opposés les uns aux autres, divisés, je veux les réunir. C’est le sens du changement que je propose”, a déclaré d’emblée François Hollande, que le sort avait désigné pour ouvrir le débat.

Déclaration immédiatement contestée par le président conservateur. “J’ai une preuve de cet esprit de rassemblement : il n’y a jamais eu de violence pendant mon quinquennat”, a répliqué Nicolas Sarkozy, citant les réformes difficiles qu’il a eu à mener, dont celle des retraites. “Il y a ceux qui parlent de rassemblement et ceux qui l’ont fait”, a-t-il ajouté. Puis le président sortant a affirmé que son adversaire ne pouvait être un rassembleur puisqu’il a laissé ses proches l’attaquer, le comparer au financier américain Madoff ou assimiler la forme de certains de ses meetings à ceux de l’Allemagne nazie ou du franquisme. “Monsieur Sarkozy, vous aurez du mal à passer pour une victime”, a répondu Hollande avant de dire qu’il condamnait “tous les excès”.

Devant un décor sombre, tous deux vêtus d’un costume noir et portant une cravate noire, les deux adversaires ont rapidement abordé les sujets économiques, dans un climat tout aussi tendu. François Hollande est passé à l’offensive sur le bilan de son adversaire, insistant sur la hausse du chômage pendant le mandat de Nicolas Sarkozy et la comparant avec la situation beaucoup plus favorable de l’Allemagne. “Notre chômage a augmenté, notre compétitivité s’est dégradée et l’Allemagne fait mieux que nous”, a-t-il dit. “L’Allemagne a fait le contraire de la politique que vous proposez aux Français. L’Allemagne a fait la TVA antidélocalisation, elle a fait la règle d’or que vous refusez… Je crains que cet argument ne se retourne violemment contre vous”, a rétorqué Nicolas Sarkozy.

Il faisait allusion à la hausse de la TVA qu’il prône pour financer la protection sociale en abaissant parallèlement les charges pesant sur les entreprises. La règle d’or consiste à inscrire dans la Constitution le retour à l’équilibre des finances publiques. “Avec vous, ce n’est jamais de votre faute”, a répondu le candidat socialiste, estimant que le président sortant se réfugie derrière la crise pour justifier les difficultés économiques pendant son mandat. “Quoi qu’il se passe, vous êtes content”. “C’est un mensonge”, a alors lancé le président sortant, précisant qu’il répondait à cette dernière affirmation de son adversaire.

Cet unique débat de deux heures et demie est diffusé sur une dizaine de chaînes et doit être suivi par 20 millions de téléspectateurs. Pour rappel, le candidat socialiste est arrivé en tête avec 28,6% des voix au premier tour contre 27,2% au président sortant. Tous les sondages le donnent netttement vainqueur dimanche avec 53 à 54% des suffrages, même si le président sortant est parvenu à réduire un peu l’écart ces derniers jours.

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