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Début la semaine prochaine du conclave qui élira le successeur de Benoît XVI

Le conclave qui élira le successeur de Benoît XVI après sa démission historique s’ouvrira en début de semaine prochaine, a annoncé vendredi le Vatican, au cinquième jour de réunions préparatoires secrètes des cardinaux sur une Eglise en pleine tourmente.

Le conclave se tiendra “vraisemblablement dans les premiers jours de la semaine prochaine: lundi, mardi, mercredi…”, a déclaré le père Federico Lombardi, au cours de son point de presse quotidien. La date exacte sera connue vers 18h ce vendredi, à l’issue d’une nouvelle réunion des cardinaux. Le porte-parole a rappelé qu’avant de démissionner le 28 février, Benoît XVI avait émis un décret (“motu proprio”) autorisant les cardinaux à “anticiper le conclave” par rapport au délai habituel de 15 jours à partir du moment où le trône de Saint Pierre est vide, “une fois constaté que tous les cardinaux électeurs sont tous présents”. Or depuis jeudi soir, c’est le cas : les 115 cardinaux électeurs appelés à choisir le nouveau chef d’une Eglise d’un milliard de fidèles, sont tous arrivés à Rome.

Malgré le suspense et les pressions de certains pour ne pas laisser trop longtemps “vacant” le fauteuil du pape, les princes de l’Eglise ont visiblement voulu se donner du temps pour réfléchir aux problèmes de l’Eglise, à la gouvernance du Vatican, objet de vives critiques, et pour choisir le successeur de Joseph Ratzinger. Le père Lombardi a bien précisé qu’après la session de vendredi après-midi où la date du conclave sera décidée par un vote, une nouvelle “congrégation générale” est prévue samedi matin et il n’est pas exclu que le collège cardinalice joue les prolongations lundi. “Il faudra aussi, a souligné le père Lombardi, que pendant une congrégation, ils tirent au sort leurs chambres dans la résidence Sainte Marthe”, dans l’enceinte du Vatican, où ils seront mis au secret et isolés du reste du monde pendant tout le conclave.

Jusqu’à présent au pré-conclave, une centaine de cardinaux électeurs et non, ont pris la parole. Parmi les sujets abordés vendredi, le père Lombardi a cité le rôle des femmes dans l’Eglise, le dialogue interreligieux, les questions de bioéthique, venus s’ajouter aux thèmes des jours précédents (évangélisation, oecuménisme). L’exigence d'”une plus grande collégialité” dans la gouvernance de l’Eglise a en outre été discutée une nouvelle fois, selon le père Lombardi. Selon Anthony Padovano, un théologien américain, cité par le journal Il Fatto Quotidiano, beaucoup de cardinaux “voudraient un synode des évêques plus fort et un rôle plus important pour les conférences épiscopales”.

Le scandale Vatileaks de fuites de documents secrets de Benoît XVI a lourdement pesé sur l’atmosphère des “congrégations”, les cardinaux non résidents à Rome demandant davantage d’informations sur une affaire qui a révélé des opacités financières et de sombres luttes de pouvoir au Vatican. Le cardinal allemand Walter Kasper a réclamé cette semaine “un gouvernement de l’Eglise plus horizontal”. “Il faut révolutionner la Curie”, a-t-il dit, préconisant “réformes” et “transparence”. En attendant, le site “adoptacardinal.org”, monté par de jeunes catholiques allemands, a reçu la bénédiction du Vatican. Déjà plus de 350 000 personnes se sont inscrites pour prier pour un cardinal, choisi au hasard par ordinateur.

Les cardinaux ne discutent pas du choix du futur pape pendant le pré-conclave mais “lors de rencontres informelles, à la fois pour chercher les informations dont ils ont besoin et pour réfléchir aux candidats adaptés à cette charge”, a précisé le père Lombardi. Deux camps commenceraient à se dessiner entre partisans d’une refonte de la gouvernance sous l’égide d’un cardinal énergique, indépendant et de grande stature intellectuelle comme l’Italien Angelo Scola, et de l’autre les défenseurs d’une Eglise très centralisée dirigée par un pontife tout puissant. “Une certaine clarification s’est opérée”, a confirmé le cardinal André Vingt-Trois, selon qui il y a encore “au moins une demi-douzaine de candidats possibles” à la papauté.

Selon le journal Repubblica, le cardinal archevêque de Milan Angelo Scola rassemblerait déjà “une quarantaine de voix” de cardinaux électeurs alors qu’il en faut 77 (majorité des deux tiers) pour être élu. Il serait soutenu par “de nombreux cardinaux étrangers notamment le cardinal de Vienne Christoph Schönborn et pas mal de prélats américains”. C’est, selon Repubblica, “le premier choix des réformateurs” qui estiment que le “temps est venu d’un changement radical dans le gouvernement de l’Eglise”.

L’autre front serait “le parti romain” formé en majorité d’Italiens. Selon Repubblica, le secrétaire d’Etat sortant Tarcisio Bertone et le doyen des cardinaux Angelo Sodano “autrefois ennemis”, se seraient “alliés pour faire bloc autour de la candidature du Brésilien Odilo Scherer”, qui serait flanqué d’un Secrétaire d’Etat italien. Un vaticaniste du Corriere della Sera mise aussi sur ce scénario. Mais toute “rumeur sur un soutien de la Curie – qui n’est pas au maximum de sa popularité – peut brûler un candidat de premier plan”, tempère-t-il.

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