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Décès de Juan Antonio Samaranch, figure historique des Jeux Olympiques

L’Espagnol Juan Antonio Samaranch, qui a présidé le Comité international olympique (CIO) pendant 21 ans (1980-2001), est décédé mercredi à Barcelone d’un “arrêt cardio-respiratoire” à l’âge de 89 ans, suscitant de nombreux hommages en Espagne et dans le monde.

Le président du CIO Jacques Rogge a exprimé la “détresse de la famille olympique”, après la mort de ce Catalan qui a “renouvelé et changé profondément le paysage du Mouvement olympique”.

Le président français Nicolas Sarkozy a salué une “très grande et haute figure de l’olympisme” qui “a favorisé la montée en puissance de l’olympisme en l’ouvrant à tous les sportifs et à tous les pays”.

Les deux géants du football espagnol, le Real Madrid et le FC Barcelone, ont également rendu hommage à M. Samaranch, qui s’était rendu seul dimanche à la clinique Quiron de Barcelone. Il avait éprouvé un malaise après avoir suivi la victoire de Rafael Nadal au tournoi de tennis de Monte-Carlo.

Son hospitalisation avait été rendue publique mardi. Son état, alors déjà qualifié de “très grave”, s’est ensuite très rapidement dégradé, jusqu’à l’annonce officielle de sa mort en milieu de journée.

Commercialisation des JO

Le gouvernement régional catalan a annoncé que la dépouille de M. Samaranch serait exposée jeudi dans une chapelle ardente au siège de la “Generalitat” afin que les Barcelonais puissent lui rendre un dernier hommage. La date de ses obsèques n’a pas encore été annoncée.

Homme de réseaux et d’influence au passé franquiste, M. Samaranch a fortement marqué de son empreinte l’olympisme sur lequel seul le baron français Pierre de Coubertin, “père” des jeux Olympiques de l’ère moderne, a régné plus longtemps que lui (1896-1925).

Ce fils d’industriels du textile a été à l’origine de nombreuses initiatives comme l’abolition de la barrière entre amateurs et professionnels. Il a souvent été exposé aux critiques, notamment pour la commercialisation excessive de l’olympisme et son gigantisme sans frein.

Les soupçons de corruption pesant sur le CIO après le scandale ayant entouré l’attribution des Jeux d’hiver de 2002 à Salt Lake City (Etats-Unis), l’avaient contraint à procéder à une vaste refonte des institutions olympiques.

Admirateur de Franco

M. Samaranch n’a jamais caché son admiration pour le dictateur Francisco Franco, dont il fut secrétaire d’Etat aux Sports. Cela ne l’empêcha pas ensuite de nouer d’excellentes relations avec les Comités olympiques des républiques de l’ex-Union soviétique.

Membre élu du CIO dès 1966, il fut le premier ambassadeur d’Espagne (1977-1980) à Moscou après la reprise des relations diplomatiques avec l’URSS. Vice-président du CIO (1974-1978), il accéda à la présidence en 1980 avant d’être reconduit, à trois reprises (1989-1993-1997), dans ses fonctions.

Il avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années, notamment le 17 juillet 2001 à Lausanne, jour de ses 81 ans, “en raison d’une extrême fatigue” liée au congrès du CIO à Moscou. La veille, M. Samaranch avait annoncé, depuis la capitale russe, l’élection de son successeur, le Belge Jacques Rogge, trois jours après avoir désigné Pékin pour l’organisation des JO de 2008.

Juan Antonio Samaranch avait reçu en 1991 le titre de marquis par le roi d’Espagne Juan Carlos Ier, pour son implication dans le mouvement olympique et son influence active dans l’attribution des JO-1992 à Barcelone.

En octobre dernier, il s’était déplacé à Copenhague pour apporter son soutien à la candidature de Madrid pour les JO-2016, finalement attribués en finale à Rio de Janeiro. Demandant aux délégués cette ultime faveur, il leur avait lancé: “Je sais que je suis très proche de la fin de ma vie, j’ai 89 ans”.

 

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