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Décès de la poète et romancière Andrée Chedid, à l’âge de 90 ans

La romancière et poète Andrée Chedid, mère et grand-mère des chanteurs Louis Chedid et Matthieu Chedid, dit M, est décédée dimanche soir à Paris à l’âge de 90 ans, a-t-on appris lundi auprès de son éditeur Flammarion.

Née le 20 mars 1920 au Caire, l’auteur du “Sixième jour” (1960) et de “L’Autre” (1969), tous deux portés à l’écran, a créé en cinquante ans une oeuvre riche et variée, imprégnée d’humanisme, et inspirée en partie par sa double attache orientale et française. Andrée Chedid a publié une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, et son oeuvre poétique est réunie dans deux volumes: “Textes pour un poème” (1949-1970) et “Poèmes pour un texte” (1970-1991). Elle a également écrit de nombreux livres pour enfants, des pièces de théâtre (“Le Montreur”, “Echec à la Reine”), ainsi que des chansons pour son fils Louis et son petit-fils M.

Issue d’une famille chrétienne libanaise immigrée en Egypte dans les années 1860, Andrée Chedid s’était installée à Paris en 1946. Licenciée de lettres de l’université américaine du Caire, élevée dans trois langues, l’arabe, l’anglais et le français, elle écrit très jeune de la poésie et publie ses premiers textes en anglais, avant de choisir le français. Poète du “Double pays”, titre d’un de ses recueils, Andrée Chedid concevait son art comme l’expression à la fois d’une vie intérieure et d’un rapport au monde.

Dès 1952, avec “Le Sommeil délivré”, elle choisit de s’exprimer aussi à travers le roman. Inspirée de son Orient natal, son oeuvre romanesque campe, dans un style à la fois sobre et lyrique, des drames individuels et collectifs, pour dire sa foi en l’Homme: “La Cité fertile” (1972), “Les Marches de sable” (1981) “La Maison sans racines” (1985), “L’Enfant multiple” (1989), “Le Message” (2000). Andrée Chedid a reçu de très nombreux prix littéraires, notamment l’Aigle d’or de la poésie (1972) et le Goncourt de la nouvelle en 1979 pour “Le Corps et le temps”. Officier de la Légion d’honneur, mariée au professeur Louis-Antoine Chedid, elle était aussi mère d’une fille, Michèle, et arrière-grand-mère d’une petite Billie.

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, a rendu hommage lundi à Andrée Chédid à l’occasion de la présentation de l’édition 2010 du Printemps des Poètes, saluant sa personnalité et sa “musique”. Le ministre a sobrement évoqué la romancière et poétesse française, “que j’ai eu l’occasion de recevoir assez souvent dans une vie précédente dont j’ai toujours aimé la personnalité et admiré la musique”, a-t-il dit.

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