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Décès d’un patient greffé du visage et des mains

Le patient greffé du visage et des deux mains début avril est mort d’une “défaillance cardiaque” au cours d’une intervention chirurgicale le 8 juin, a indiqué lundi le professeur Laurent Lantiéri qui avait codirigé avec Jean-Paul Meningaud cette première médicale à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne).

“Ce patient âgé de 30 ans avait été gravement brûlé. Son handicap fonctionnel et esthétique ne pouvait être réduit que grâce à cette allogreffe (greffe avec donneur)”, souligne l’agence de Biomédecine qui coordonne et encadre les activités de greffes d’organes en France.

“La cause du décès est liée à un problème cardiaque” et il n’y a eu “aucun rejet”, selon le professeur Lantiéri.

Le patient a présenté quatre semaines après la greffe une infection des greffons (tissus greffés) au visage et c’est lors d’une “reprise chirurgicale” pour essayer d’éliminer cette infection, qu’il a fait une “défaillance cardiaque”, a-t-il indiqué dans un communiqué.

“Nous n’avons pas d’explication sur cet arrêt cardiaque”, a ajouté le chirurgien, précisant que les résultats de l’autopsie n’étaient pas encore connus.

“Toutes les biopsies que nous avons faites montrent qu’il n’y a absolument aucun rejet. Ce n’est pas un problème vasculaire non plus. Le fait d’avoir une infection est un phénomène connu chez les greffés”, a déclaré le professeur.

Il s’agissait de la sixième greffe de la face dans le monde (4e en France), mais de la première greffe simultanée du visage et des mains chez un même patient.

Selon le Pr Lantiéri, “nous avons appris que techniquement c’était faisable chez les brûlés et que les paupières pouvaient marcher puisque quelques semaines après, les paupières qui n’avaient jamais été greffées auparavant montraient des mouvements”.

Selon l’agence de Biomédecine, en France les résultats de ce type d’opérations, avec donneurs, sont “encourageants” : “depuis 1998, cinq greffes d’avant-bras ont été réalisées en France, trois greffes partielles de la face et une greffe partielle de la face et des deux avant-bras”.

“Sur ces neuf patients, on dénombre un décès post-greffe et une amputation du greffon deux ans après la greffe pour non observance du traitement immunosuppresseur (ndlr le 1er greffé avec une main de donneur, le Néo-zélandais Clint Hallam)”, ajoute-t-elle.

Le premier décès d’un greffé de la face est un Chinois de 32 ans, défiguré par un ours et greffé du visage en 2006, mort en juillet 2008, après avoir délaissé ses médicaments anti-rejet.

A lire sur le même sujet:

L’interview du professeur Laurent Lantiéri de France-Amérique

Interview du docteur Jean-Paul Meningaud

 

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