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Démission du président de l’Agence française de lutte contre le dopage

Pierre Bordry, le controversé président de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), a annoncé vendredi qu’il allait quitter ses fonctions début octobre, neuf mois avant la fin de son mandat, un départ salué d’un “Au revoir Pierre” par Lance Armstrong.

“Normalement, mon mandat finit en juillet mais je quitterai l’Agence dès que mon successeur sera nommé”, a déclaré Pierre Bordry à l’AFP, confirmant une information du site internet L’Equipe.fr. Ce conseiller d’Etat, qui a mené une longue carrière dans les arcanes du pouvoir, était arrivé en juillet 2005 à la tête du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage, devenu en octobre 2006 l’Agence française de lutte contre le dopage. Mais c’est avec le Tour de France 2008 que l’homme se fait connaître.
L’AFLD, qui a hérité cette année-là de la responsabilité des contrôles en raison du conflit entre l’Union cycliste internationale (UCI) et ASO, la société organisatrice, débusque sept positifs dans le peloton, de gros poissons comme l’Italien Riccardo Ricco et l’Autrichien Bernard Kohl. Fort de ce coup d’éclat, il ne cesse de revendiquer un plus grand rôle pour son agence. Passant dans les médias pour un chevalier blanc de la lutte antidopage, ses méthodes et son franc-parler en agacent plusieurs dans le milieu sportif ou le petit monde de l’antidopage, plus enclin à la prudence et à la discrétion. Au printemps 2009, il affirme que des traces de DHEA, un stéroïde, ont été retrouvées dans les cheveux de joueurs de football et rugby français, sans préciser que ces analyses ne permettaient pas de faire la différence entre la DHEA produite naturellement par le corps et produits dopants.

Tensions avec le ministère

Moins d’un mois plus tard, il laisse entendre que Lance Armstrong, le septuple vainqueur du Tour, avait tenté de fausser un contrôle antidopage inopiné, avant de classer l’affaire en pleines vacances de Pâques. Avec le Tour de France 2009, il allume un nouvel incendie avec l’UCI, sa cible préférée, qu’il accuse de favoriser délibérément l’équipe Astana, d’Alberto Contador et d’Armstrong.
La Fédération internationale cycliste, agacée de voir selon elle Pierre Bordry “se faire de la publicité sur son dos”, se passe de tout service de l’AFLD lors des courses en France. Et pour exister encore sur le Tour cette année, l’AFLD a dû faire appel à l’arbitrage de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Les relations de Pierre Bordry étaient aussi tendues avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, qui n’appréciait guère de le voir s’étendre dans la presse sur ses crédits budgétaires. “Ce que je retiens de ces cinq années est qu’il est difficile de monter une agence qui soit en conformité avec les règles, souligne Pierre Bordry. Il faut des ressources qui soient pérennes.”
Pour justifier sa démission, il avance qu'”un certain nombre de décisions doivent être prises pour le futur de l’agence” qu’il préfère laisser à son successeur.
A 70 ans passés, cet homme a d’autres sujets pour s’occuper, notamment de l’avenir de la presse, en tant que président de la Commission paritaire des publications et agences de presse.

Quelques minutes après l’annonce de sa démission, Armstrong écrivait sur sa messagerie Twitter: “Au revoir Pierre” en français dans le texte.

 

 

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