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Des associations demandent aux présidentiables d’abolir la prostitution

Plusieurs associations se sont réunies vendredi à Paris pour demander aux candidats à la présidentielle l’adoption d’une loi d’abolition de la prostitution, le jour anniversaire de la loi Marthe Richard sur la fermeture des maisons closes.

La loi Marthe Richard, adoptée le 13 avril 1946, a aboli le régime de la prostitution réglementée en France et a imposé la fermeture des maisons closes. Rassemblées autour de l’appel “Abolition 2012”, lancé en octobre par Le Mouvement du Nid, L’Amicale du Nid et la Fondation Scelles, les associations ont une nouvelle fois demandé “l’abolition du système prostitueur” et notamment “la pénalisation des clients”, “le renforcement de la lutte contre toute forme de proxénétisme”, et “la suppression de toutes les mesures répressives” à l’encontre des prostitué(e)s.Au total, 43 associations ont signé cet appel, a précisé Ernestine Ronai, de l’Amicale du Nid.

Pour Claire Quidet, du Mouvement du Nid, il manquait à la loi Marthe Richard “des mesures pour accompagner les personnes prostituées et pour changer les mentalités. Les associations de terrain ont dû prendre le relais pour venir en aide aux prostituées”. “La prostitution est toujours une violence pour les personnes prostituées”, a-t-elle ajouté, demandant que les politiques s’emparent de ce sujet, “aillent vers une position abolitionniste” et développent “de véritables alternatives à la prostitution”.

Maudy Piot, présidente de l’association “Femmes pour le dire, femmes pour agir”, a dénoncé l’idée de créer des “aidant(e)s sexuel(le)s” pour les handicapés. Une relation sexuelle, “c’est la rencontre de deux désirs. Pas question qu’une loi décide que deux ou trois fois dans le mois nous aurons un professionnel qui viendra s’occuper de nous”, a-t-elle dit. Marie-France Casalis, porte-parole du Collectif féministe contre le viol, a insisté sur la nécessité de “rendre les clients responsables de ce qu’ils font”.

Le réseau d’hommes “Zéro macho” a également rappelé, via son porte-parole Patrick Jean, réalisateur de “La domination masculine”, son “opposition à une sexualité archaïque qui considère que la femme est un objet de plaisir pour l’homme”. Enfin deux militants LGBT (lesbienne, gays, bi et trans), Jean-Claude Raffy et Christine Ledoaré, ont souligné que les jeunes homosexuels rejetés par leurs parents, les jeunes étrangers sans moyens de subsistance et les personnes transsexuelles étaient particulièrement concernés par la prostitution.

La France comptait au moins 18.000 à 20.000 personnes prostituées de rue en 2010, les autres formes de prostitution n’étant pas chiffrées, selon le dernier rapport de la Fondation Scelles, rendu public en janvier. Devant la salle où se tenait le rassemblement, à Pigalle, une poignée de militants du Syndicat du travail sexuel (Strass) ont dénoncé “les lobby catho-féministes (..) de la répression du travail du sexe”, affirmant que l’abolition de la prostitution “pousserait les prostituées vers la clandestinité, l’isolement et la précarité”, et réduirait leur liberté “de choisir (leurs) clients, (leurs) pratiques, (leurs) lieux de travail”.

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