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Des cadres de Caterpillar retenus par des salariés excédés

Des salariés de Caterpillar France, filiale du groupe américain de construction d’engins de chantiers, retenaient depuis mardi matin cinq cadres de la direction pour exiger de renégocier le plan de sauvegarde de l’emploi visant 733 licenciements.

Nous souhaitons qu’ils “ouvrent un comité d’entreprise (CE) afin de débloquer les négociations”, a déclaré à l’AFP, Benoît Nicolas, délégué CGT. Peu après 10H30, les salariés ont commencé à retenir le directeur général de Caterpillar France, Nicolas Polutnik, le directeur des ressources humaines, un responsable du service du personnel, des produits européens et des achats, dans un bureau du siège grenoblois de l’entreprise, à l’extérieur duquel se trouvent des salariés.

Vers 15H00, environ 500 employés de Caterpillar étaient rassemblés à l’extérieur et dans les locaux du siège, dont l’entrée est gardée par les forces de police. Un commissaire est allé discuter avec les directeurs retenus.

Les prises de contacts entre les délégués du personnel et les directeurs ont eu lieu au cours de la journée mais n’avaient pas encore abouti en milieu d’après-midi, les salariés exprimant régulièrement leur colère par des cris: “tous ensemble, tous ensemble!”, “direction démission!”.

Les employés réclament une indemnité de départ sur la base de trois mois de salaire par année d’ancienneté, avec un plancher de 30.000 euros, ainsi que la maintien de l’outil de travail. La direction propose une indemnité fixée à 0,6/mois de salaire, avec un plancher de 10.000 euros.

De son côté, le directeur général a jugé qu’il ne pouvait redonner une chance aux négociations tant qu’il était retenu.

“On n’a pas les allées et venues libres qu’on pourrait s’attendre à avoir pour redonner une chance aux négociations”, a déclaré M. Polutnik aux journalistes que les élus syndicaux ont laissé entrer dans le bureau en début d’après-midi. “Pour négocier, il faut être en mesure de négocier. Un plan de sauvegarde de l’emploi est un processus complexe”, a-t-il ajouté, soulignant que l’entreprise, où des mesures de chômage partiel ont été mises en place fin 2008, souffrait d’une chute du carnet de commandes depuis le mois de septembre. “Il faut absolument que nous gardions les intérêts de l’entreprise sous peine de gérer non pas 733 (suppressions d’emplois) mais la totalité”, a poursuivi le directeur, souvent interrompu par les cris des salariés.

Lundi, la direction avait boycotté un comité d’entreprise portant sur la mise en place du plan de sauvegarde, assurant qu’elle ne voulait pas discuter en raison d’une grève. Elle a également boycotté un CE mardi matin, déclenchant la colère des salariés.

Le 17 février, la direction de Caterpillar France avait déposé un plan de réorganisation prévoyant la suppression de 733 des 2.800 emplois sur les sites d’Echirolles (Isère) et de Grenoble, arguant d’une baisse des commandes sur fond de crise économique mondiale.

Le 21 octobre 2008, le groupe américain avait annoncé un bénéfice net en repli de 6% au troisième trimestre et prévenu d’une stagnation de son chiffre d’affaires en 2009.

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