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Des documents saisis chez le notaire de Liliane Bettencourt

Les policiers de la Brigade financière ont saisi de nombreux documents, relatifs notamment aux dispositions testamentaires de Liliane Bettencourt, lors de perquisitions visant son notaire Jean-Michel Normand, a-t-on appris dimanche de source proche du dossier.

Ces perquisitions ont été réalisées à la demande de la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui enquête sur un éventuel abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire. Elles ont été effectuées mercredi à l’étude du notaire et vendredi dans une banque où ce dernier dispose d’un coffre. Les documents ont été placés sous scellés par les enquêteurs. Parmi ceux-ci figurent de nombreux codicilles modifiant les dispositions testamentaires de l’héritière de L’Oréal (près d’une dizaine entre le 23 octobre 1997 et le 3 décembre 2009), ainsi que des documents relatifs à un mandat de protection future ou aux dons qu’elle effectue, selon cette source, qui fait également état d’un testament en date du 11 décembre 2007. Selon Paris-Match, ce testament ferait du photographe François-Marie Banier le légataire universel de Mme Bettencourt. En cas de décès de M. Banier, qui est visé par une procédure pour abus de faiblesse par la fille de la milliardaire, c’est Martin d’Orgeval, un proche, qui le deviendrait à son tour. Cette disposition testamentaire est susceptible d’avoir été modifiée par des codicilles ultérieurs.
Mais, d’après des enregistrements pirates réalisés le 4 mars 2010 d’une conversation entre Mme Bettencourt et son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, François-Marie Banier serait toujours à cette date le légataire universel. “Vous avez indiqué que Banier était votre légataire universel”, lui rappelait M. de Maistre.
Dans un communiqué publié vendredi, l’entourage de Mme Bettencourt indiquait que le légataire universel, dont l’identité n’était pas dévoilée, recevrait “la quotité effectivement disponible” du patrimoine, soit 8% (environ 1,25 milliard d’euros), les 92% restant revenant à sa fille François Meyers-Bettencourt et à ses enfants. 
Sollicité par l’AFP, l’avocat de Mme Meyers-Bettencourt, Me Olivier Metzner a estimé que ces saisies renforçaient les suspicions d’abus de faiblesse dont serait victime Liliane Bettencourt selon sa fille. “La succession de codicilles montre qu’elle change souvent d’avis”, a-t-il dit. “Au départ, il y avait les déclarations de salariés qu’on ne prenait pas au sérieux. Cela a été confirmé par les enregistrements (clandestins réalisés à son domicile, ndlr) et maintenant par les scellés”, a-t-il ajouté, s’étonnant qu’il ait “fallu attendre deux ans pour que le notaire soit perquisitionné”.

 

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