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Des JO sur un air de bossa nova à Rio de Janeiro en 2016

Les électeurs du Comité international olympique (CIO) ont élu Rio de Janeiro ville hôte des jeux Olympiques d’été 2016, vendredi à Copenhague, offrant au Brésil les premiers JO sud-américains de l’histoire.

Rio de Janeiro a célébré dans une explosion d’allégresse et de fierté sa désignation comme ville hôte des jeux Olympiques de 2016. Plusieurs dizaines de milliers de Cariocas, qui avaient envahi dès le début de la matinée la célèbre plage de Copacabana, ont hurlé de joie, s’embrassant et dansant, sous une pluie de confettis, après que le président du CIO, Jacques Rogge, eut déclaré la victoire de Rio face à Madrid, après les éliminations de Chicago et Tokyo.

“C’est une joie immense, je n’ai pas de mots pour le dire. Le Brésil le méritait, c’était son tour”, a déclaré les larmes aux yeux Rafael del Castillo, un étudiant en tourisme, en référence au fait qu’il s’agira des premiers Jeux en Amérique du sud. La fête devait se poursuivre tout l’après-midi et un autre grand rassemblement est déjà prévu, au même endroit, dimanche.

Dans une atmosphère joyeuse et anxieuse tenant à la fois d’une finale de Coupe du monde de football et du Carnaval, la foule avait patienté sous le soleil pendant plusieurs heures, au son du rock et de la samba.Partout dans la ville, des concerts de klaxons ont aussi résonné à l’annonce de la victoire de Rio.

Les éliminations précoces de Chicago, présentée comme cofavorite avec Rio, puis celle de Tokyo avaient renforcé la confiance des Brésiliens qui ont accueilli la nouvelle par une grande clameur suivie d’un slogan repris en choeur: “Rio de Janeiro est la fierté du Brésil !”

Sur une scène de 240 m2 montée sur la plage, devant le célèbre Copacabana Palace, le groupe de samba “Revelaçao”, suivi du rockeur Lulu Santos ont fait danser la foule dans l’attente du résultat. Les percussions de l’Ecole de samba Salgueiro, championne du carnaval 2009, ont clos le spectacle.

De nombreux athlètes brésiliens, champions olympiques comme Torben Grael (voile), Shelda (beach volley), Maurren Maggi (athlétisme) ou Flavio Canto (judo) étaient venus renforcer la “torcida” (le groupe de supporteurs).

Un immense drapeau de 2200 m2, pesant 800 kilos, confectionné par une vingtaine de couturières a été déployé pour saluer le CIO. Il portait l’inscription en anglais “Rio loves You” (Rio vous aime).

“Astres favorables”

Au-delà de Copacabana, c’est toute la ville qui était mobilisée et, dans tous les bars, des télévisions ont retransmis la cérémonie de Copenhague. Les fonctionnaires ont bénéficié d’un jour de congé, quelque 2,5 millions d’élèves ont eu aussi quartier libre et les commerçants se sont habillés en jaune et vert ou portaient des badges de soutien à Rio 2016.

La liesse devait se poursuivre dans l’après-midi. La célèbre “Banda d’Ipanema”, un groupe de travestis, qui défile traditionnellement le samedi de carnaval, devait sortir dans les rues au son des percussions pour “un carnaval hors saison”.

Au-delà de la fierté nationaliste d’être la première ville d’Amérique du sud à accueillir les JO, beaucoup voient dans cet événement mondial l’occasion d’améliorer leur quotidien et de changer une ville réputée pour sa violence, son manque d’infrastructures où la violence est quotidienne, aux transports chaotiques, aux infrastructures souvent inexistantes.

Astrologues, voyantes et prêtres du Candomblé (rite afro-brésilien) avaient prédit que les “astres étaient favorables à Rio” tandis que les plus superstitieux voyaient dans le retour du soleil vendredi, après des jours de pluie, un “bon signe”.

Restera à l’écrivain brésilien Paulo Coelho de tenir la promesse qu’il avait faite à la veille de résultats: “J’aurai 70 ans en 2016, mais si Rio gagne, je ferai le poirier sur la plage de Copacabana!”.

Pour Rio, c’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui avait soutenu la candidature devant les membres du CIO dans la matinée à Copenhague, répétant l’argument phare du dossier carioca: le droit de l’Amérique du Sud à organiser ses premiers jeux Olympiques. “Rio est prêt. Donnez-nous cette chance”, avait-il demandé, évoquant la “nouvelle frontière” que ces Jeux historiques représenteraient pour le mouvement olympique.

“L’heure du Brésil a sonné”, avait repris Lula. “Le Brésil fait partie des dix plus grandes économies du monde et est le seul parmi ces dix pays à n’avoir jamais organisé les JO. Pour les autres candidates, ce serait une édition de plus. Pour nous, ce serait l’occasion de construire un nouveau Brésil”.

“C’est incroyable, bouleversant et spectaculaire”, a explosé le gouverneur de l’état de Rio, Sergio Cabral, alors que le légendaire footballeur Pelé fondait en larmes. “Je suis si heureux, si heureux, si heureux”, a-t-il répété. “Je suis quelqu’un d’émotif et je n’arrête pas de pleurer. C’est un grand moment, pas seulement pour le Brésil mais pour l’Amérique du Sud.

“Rio a présenté un dossier très solide, basé sur une vision des Jeux qui célèbre les athlètes et le sport et qui, plus largement, donne l’opportunité à la ville, à la région et au pays, de mettre en application ses ambitions pour le futur”, a déclaré Jacques Rogge, le président du CIO.

Principales caractéristiques du dossier de Rio de Janeiro, élue vendredi ville hôte des jeux Olympiques 2016:

Ville: Rio de Janeiro, 6 millions d’habitants (11 dans l’agglomération)

Slogan: “Live your passion” (Vivez votre passion)

Dates: 5 au 21 août 2016, soit un peu plus de deux ans après la Coupe du monde de football accueillie par le Brésil.

Concept: Le dossier de Rio s’articule autour de quatre pôles bien distincts. Le principal, celui de Barra, regroupe, outre la plupart des sports de salle, le Village olympique et les centres des medias. A l’opposé de la ville, le pôle Maracana -du nom du mythique stade qui abritera cérémonies et compétitions de football- accueillera également l’athlétisme dans le stade Joao Havelange. Au nord-ouest, Deodoro sera le théâtre des sports d’eau -canoë, aviron-, du BMX, du tir ou de l’équitation. Enfin, la plage de Copacabana, outre les hôtels de la famille olympique, servira naturellement de décor aux compétitions de beach-volley ou de triathlon.

Distances: Si l’épicentre des Jeux est le Village olympique de Barra, alors de nombreux sites sont situés à plus de 20 km.

Budget prévisionnel des JO: 2,82 milliards de dollars (1,93 milliard d’euros) pour les JO. 14,4 milliards (9,86 milliards d’euros) au total avec le hors JO (un record!), notamment pour les infrastructures et les transports (5,5 milliards de dollars, 3,76 milliards d’euros). A la différence de ses trois rivales malheureuses, Madrid, Chicago et Tokyo, métropoles modernes, Rio compte en effet utiliser les JO comme moteur du développement de la “ciudad maravillosa” (la ville merveilleuse) qui est aussi tristement célèbre pour la pauvreté d’une grande partie de son habitat, sa criminalité et l’archaïsme de son système de transport.

Soutiens: Le président Lula n’a ménagé ni sa peine ni les finances nationales pour convaincre le CIO de prendre une décision aussi historique que courageuse en donnant au Brésil les premiers Jeux sud-américains après l’échec de Rio pour 2004 et 2012.

 

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