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Des milliers d’oiseaux toujours menacés par la marée noire en Louisiane

Alors que BP s’active pour immerger le premier couvercle de confinement sur l’une des fuites à l’origine de la marée noire dans le golfe du Mexique, des pêcheurs de Venice, au sud-est de la Louisiane, sont sortis pour la première fois mercredi pour placer des barrages flottants censés freiner la marée noire. Reportage à l’île Breton.

Le bourdonnement des milliers d’oiseaux ferait presque oublier que l’on se trouve sur un minuscule bout de terre à 15 kilomètres et deux heures de bateau des côtes de Louisiane. L’île Breton est un refuge pour les pélicans marrons, les pluviers siffleurs et les hirondelles de mer. Elle est directement menacée par l’immense nappe de pétrole provoquée par l’explosion d’une plate-forme pétrolière exploitée par BP, le 20 avril dernier. Des barrages de bouées orange ont été placés sur l’un des côtés de l’île, laissant tout un pan de terre exposé à la marée noire. « La mer est trop houleuse pour que les barrages puissent être efficaces », explique Cary O’Neil, un pêcheur de Venice en Louisiane. « Les vagues projetteraient le pétrole par dessus les bouées ».

Selon les dernières estimations des services météo américains, la nappe de pétrole encercle l’île Breton. En ce mardi matin, pas de trace de marée noire, mais la mer démontée au large de l’île empêche la progression du petit bateau de Cary O’Neil. Des experts expliquent que les vagues provoquées par mauvais temps qui s’est abattu sur la région en fin de semaine dernière et a duré jusqu’à mardi après-midi, ont au moins eu un impact positif : elles ont en partie brisé la nappe de pétrole.

Ken Salazar, ministre de l’Intérieur qui s’est rendu sur l’île Breton mercredi, a pu se rendre compte des dangers qui planent sur cette bande de terre où les oiseaux se retrouvent pour se reproduire. Le même jour, les pêcheurs de Venice engagés par BP et payés 12 dollars de l’heure, sont sortis pour la première fois pour poser des barrages et tenter de protéger les marécages au milieu desquels ils vivent et dans lesquels ils travaillent. Interdits de pêche pour au moins 10 jours, cette lutte contre la marée noire est désormais leur seule source de revenus.

Mise sous pression par le gouvernement Obama, BP s’active sur plusieurs fronts. La compagnie pétrolière britannique a annoncé mercredi avoir colmaté une fuite, la plus petite, à l’aide de robots actionnés à distance. Cette avancée ne permet pas de réduire le flux de pétrole qui s’écoule dans la mer, mais permet à BP de se concentrer sur les autres problèmes. Parallèlement, la société britannique se prépare à immerger un premier couvercle de 98 tonnes pour contenir le pétrole de l’une des deux fuites principales et essayer de le pomper via une cheminée reliée à un bateau avant qu’il ne se répande dans la mer. Une fois sur le navire, le pétrole devrait être séparé du gaz et de l’eau avant d’être transféré sur un tanker. Il y a néanmoins une inconnue de taille : l’opération n’a jamais été tentée à 1 500 mètres profondeur.

Ce « couvercle » est arrivé sur la zone de la catastrophe jeudi matin. À plus long terme, BP fore depuis dimanche un puits de secours qui doit être relié au puits d’origine et ainsi permettre de boucher celui-ci avant que le pétrole n’atteigne l’oléoduc qui fuit au fond de l’océan. Ce nouveau puit sera relié à une plate-forme et permettra à BP de récupérer le pétrole. Les travaux devraient néanmoins prendre deux à trois mois.

Infos pratiques :

Carte de la nappe : http://www.google.com/crisisresponse/oilspill/

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