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Des proches de Sarkozy visés par la justice

L’enquête du juge Renaud van Ruymbeke sur le financement de la campagne présidentielle de 1995 s’est accélérée mercredi avec le défèrement d’un ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy et le placement en garde à vue d’un autre proche du chef de l’Etat, Nicolas Bazire.

Ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur, M. Bazire, qui fut également le directeur de la campagne présidentielle de l’ex-Premier ministre, a été interpellé mercredi matin à Paris et placé en garde à vue, a-t-on indiqué de source proche de l’enquête, confirmant une information du jdd.fr. Son domicile et ses locaux professionnels font l’objet d’une perquisition par les enquêteurs de la Division nationale des investigations financières (Dnif), a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Proche de M. Balladur, M. Bazire est également un proche de M. Sarkozy et travaille désormais pour le groupe LVMH de Bernard Arnault. Parallèlement, Thierry Gaubert, ancien collaborateur de M. Sarkozy à la mairie de Neuilly et au ministère du Budget, devait être déféré dans la journée devant le juge van Ruymbeke, après avoir passé 48 heures en garde à vue, a-t-on indiqué de source judiciaire. Les enquêteurs s’intéressent aux liens éventuels de MM. Gaubert et Bazire avec l’homme d’affaires franco-libanais, Ziad Takkiedine, présenté comme intermédiaire dans deux contrats d’armement sur lesquels enquêtent les juges van Ruymbeke et Roger Le Loire. Les juges cherchent à savoir si les commissions versées sur ces contrats ont pu alimenter la campagne présidentielle de M. Balladur en 1995.

Selon un témoignage révélé par Mediapart et Le Nouvel Observateur, la princesse Hélène de Yougoslavie, qui a vécu un divorce difficile avec Thierry Gaubert, a expliqué aux enquêteurs que son ex-mari avait accompagné M. Takieddine en Suisse pour aller chercher des valises “volumineuses de billets” durant la période 1994-95.

Selon elle, l’homme qui récupérait les “mallettes” en France était M. Bazire. Ces nouveaux développements interviennent alors que M. Takieddine a été mis en examen pour “complicité et recel d’abus de biens sociaux” la semaine passée par le juge van Ruymbeke. L’homme d’affaires franco-libanais est présenté par plusieurs témoins cités au dossier comme un intermédiaire imposé par le cabinet de l’ancien ministre balladurien de la Défense, François Léotard, peu de temps avant la conclusion en 1994 au Pakistan d’un contrat de vente de sous-marins. M. Takieddine reconnaît avoir joué un rôle légal d’intermédiaire dans l’autre contrat visé par l’enquête, la vente de frégates à l’Arabie saoudite, mais pas dans le contrat pakistanais.

Sur le financement de la campagne électorale de M. Balladur, l’enquête a fait apparaître le versement d’importantes sommes en espèces sur son compte de campagne. Ainsi, 15 millions de francs ont été versés, la majeure partie en grosses coupures (500 francs), alors que les meetings ne rapportaient que des petites coupures (10 à 20 francs). En outre, 5,2 ou 5,3 millions de francs avaient été remis en espèce à Olivier Michaud, responsable de la société de sécurité des meeting. Deux témoins ont aussi évoqué la présence d’un coffre-fort dans le bureau de M. Bazire au siège de la campagne de l’ancien Premier ministre.

Pour expliquer la présence de ces fortes sommes d’argent liquide, M. Balladur a indiqué, à plusieurs reprises, qu’elles provenaient de la vente de gadgets (T-shirt, etc.) durant les meetings. Une explication également donnée au Conseil constitutionnel, chargé de valider les comptes de campagnes, par Francis Lamy, mandataire de M. Balladur.

 

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