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Des Syriens à Paris demandent aide et protection contre les bombardements

Des administrateurs civils de zones libérées en Syrie ont mis mercredi l’accent sur l’urgence à protéger ces régions des attaques aériennes du régime de Damas, lors d’une réunion à Paris, au Quai d’Orsay, destinée à leur apporter davantage d’aide humanitaire.

“On espère des zones d’exclusion aérienne. Cela fait plus d’un an qu’on le demande. On peut affronter des forces terrestres mais on n’a pas d’armes anti-aériennes”, a déclaré à la presse Osman Bilawi, président du “Conseil révolutionnaire civil” de la ville de Maaret al-Noomane, au sud-ouest d’Alep. M. Bilawi et des représentants d’autres comités locaux civils, de Homs, Hama, du Djebel Zawiyeh et du gouvernorat d’Alep, étaient invités au ministère des Affaires étrangères pour rencontrer les représentants d’une vingtaine de pays et leur faire part de leurs besoins humanitaires.

Décrivant une situation “effroyable” dans sa ville “soumise à des bombardements qui détruisent plus de 30 à 40 maisons par jour”, M. Bilawi a dénoncé l’utilisation par le régime syrien de TNT et de bombes à sous-munitions. Maaret al-Noomane – 130 000 à 150 000 habitants avant le conflit mais où seulement 20% des habitants seraient restés – est contrôlée depuis quelques jours par les rebelles syriens mais demeure la cible de l’aviation du régime de Bachar al-Assad.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a lui aussi dénoncé “une nouvelle étape” dans la répression avec des “MiG” et le “largage de barils de TNT et plus récemment de bombes à sous-munitions”. “Nous avons des témoignages même si le régime le dément”, a-t-il dit. Osman Makkour, du Conseil révolutionnaire d’Atarib, à une trentaine de kilomètres d’Alep, a déploré “les moyens dérisoires de l’Armée syrienne libre face aux bombardements” du régime. Selon lui, les zones libérées, qui représenteraient “70 à 80% du territoire”, sont “un bon exemple de la Syrie démocratique libérée”. Les deux Syriens dont les propos en arabe étaient traduits ont dit espérer de la réunion de Paris encore “davantage d’aide humanitaire”.

“Renforcer les autorités civiles”

La France a fourni une aide financière et médicale de 1,5 million d’euros depuis fin août à quinze comités civils syriens et espère entraîner d’autres pays dans ces programmes mis en place pour restaurer les services publics, voirie, collecte des ordures, canalisations d’eau et réseau électrique. “Cette aide française a permis la remise en état de la boulangerie industrielle de Maaret al-Noomane qui approvisionne plus de 200.000 personnes, ainsi que d’une école et d’un commissariat de police”, a précisé M. Bilawi, remerciant Paris. “Ces citoyens syriens exemplaires représentent les efforts d’une mobilisation collective qui demeure forte, malgré les combats”, a déclaré Laurent Fabius. L’objectif est “d’étudier ensemble les modalités de ce soutien à la population”, a-t-il ajouté.

Une vingtaine de pays, européens, arabes, des voisins de la Syrie, les Etats-Unis, le Canada, le Japon, l’Australie, ainsi que l’Union européenne, la Ligue des Etats arabes et des ONG syriennes assistaient à la réunion. “L’idée est de renforcer sur le terrain les autorités civiles, de ne pas laisser la place exclusivement aux militaires”, explique-t-on dans l’entourage du ministre français. “Il s’agit de monter un programme d’aide élargi, et pas seulement dans les zones libérées”, ajoute-t-on.

L’aide, exclusivement en “cash”, pourrait-elle servir à acheter des armes? “Nous n’avons pas de garantie à 100% mais on est très satisfait des retours. Nous avons choisi sur place des interlocuteurs sérieux”, assure un haut fonctionnaire du ministère français. La France refuse jusqu’à présent de livrer des armes aux opposants syriens.

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