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Des vignes transgéniques saccagées à Colmar

Une soixantaine de faucheurs venus de toute la France ont saccagé 70 pieds de vigne transgénique dans l’unité de Colmar de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) dans la nuit de samedi à dimanche, “un acte gravissime pour la recherche” selon le directeur du site.

Les 61 faucheurs se sont introduits dans le champ aux alentours de 5H00 dimanche et ont saccagé les vignes avant d’avertir la presse. Ils s’en sont pris aux mêmes plans de vignes qui avaient déjà été coupés par un homme en septembre 2009. “Cela nous avait coûté 16.000 euros de regreffer des cépages dessus, mais cette fois ils ont tout arraché : ce sera difficilement récupérable”, a regretté, amer, Jean Masson, le président de l’unité de Colmar de l’Inra qui avait d’ores et déjà porté plainte dimanche après-midi.
L’Inra avait pourtant pris ses précautions pour protéger le site. “Il y avait un double grillage, des barbelés militaires, une alarme anti-intrusion et un système de vidéo-surveillance”, a énuméré M. Masson. “L’alarme a bien fonctionné dès que les saccageurs sont entrés et la police était sur les lieux en 10 minutes, mais ensuite les faucheurs se sont enfermés dans le champs avec des chaînes, le temps de terminer de tout arracher”, a-t-il ajouté. Les faucheurs ont ensuite été conduits au commissariat de Colmar pour y être auditionnés avant d’être relâchés. La police s’apprêtait à terminer ses constatations sur place dimanche après-midi avant de transmettre le dossier au parquet, qui allait décider des suites à donner à cette affaire.
“L’homme qui avait tout saccagé en septembre dernier a été seulement condamné à un euro de dommages et intérêts (ainsi qu’à 2.000 euros d’amende, NDLR): pourquoi est-ce qu’ils ne viendraient pas ? qu’est-ce qui les arrête ?” reprenait Jean Masson, désabusé. “Ces vignes avaient été plantées en 2005 jusqu’en septembre 2009 quand le saccageur avait tout coupé. Mais là on avait reçu une nouvelle autorisation pour quatre ans”, a-t-il repris en soulignant qu’un comité de suivi surveillait ce projet depuis le début. “Ils se prétendent bio, mais ils ouvrent tout grand la porte à ce qu’ils rejettent, aux grandes multinationales qui imposent l’utilisation des OGM”, a encore regretté le directeur de l’Inra. “Ils pensent lutter contre les millions d’hectares d’OGM plantés à travers le monde en détruisant un essai financé par de l’argent public, c’est débile”, s’est-il exclamé.

Le collectif des faucheurs était quant à lui bien organisé. “On s’était retrouvé dès samedi soir pour un briefing. On était en pleine campagne sous la tente et sous la pluie, ce qui souligne bien notre degré de motivation”, a ainsi expliqué Olivier Florent, un faucheur venu du Vaucluse. “Nous avons agi dans la non-violence, à visage découvert. L’argent public finance les OGM, ces essais s’effectuent en plein champs et nous n’en voulons pas”, a-t-il ajouté. Les ministres de l’Ecologie, de la Recherche et de l’Agriculture ont quant à eux “condamné fermement” la destruction volontaire de ces pieds de vigne transgénique.
Les services de Jean-Louis Borloo, Valérie Pécresse et Bruno Le Maire se sont dits “choqués”, dans un communiqué commun, “de cet acte de dégradation scandaleux contre un essai exemplaire qui a su associer (…) scientifiques, organisations professionnelles agricoles, collectivités locales et ONG environnementales”.

Les recherches portaient sur le court-noué, une maladie virale présente dans la quasi-totalité des régions viticoles du monde où elle provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture.

 

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