Subscribe

Dette US : l’accord inespéré enfin arrivé

Le président Barack Obama et le Congrès sont parvenus dimanche soir à un accord de dernière minute pour relever le plafond de la dette, empêchant ainsi un défaut de paiement aux conséquences potentiellement catastrophiques pour l’économie mondiale.

“Je veux annoncer que les responsables des deux partis dans les deux chambres ont trouvé un accord qui va réduire le déficit et éviter le défaut (de paiement), un défaut qui aurait eu un effet dévastateur sur notre économie”, a indiqué le président Obama peu avant 21 heures depuis la Maison Blanche.

L’accord permet ainsi, s’il est adopté par le Congrès avant mardi minuit, d’empêcher l’administration américaine d’être confrontée dans les jours qui suivent à un défaut de paiement.

Le soulagement était notable sur les marchés après l’annonce. La bourse de Tokyo grimpait de 1,70% peu après l’annonce et le dollar reprenait également du terrain. Les marchés américains étaient en nette hausse dimanche soir, dans les échanges électroniques de la fin du week-end.

Quelques minutes seulement avant le président, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, avait annoncé la nouvelle devant la chambre haute. “Je suis soulagé que les chefs des deux partis se soient rapprochés pour le bien de notre économie afin d’atteindre un accord historique bipartite qui mette fin à cette impasse dangereuse”, a-t-il déclaré.

Le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell est ressorti souriant du Sénat après l’annonce de M. Reid en déclarant: “nous sommes heureux que les deux partis aient été capables de se rassembler et de produire les grandes lignes d’un plan que nous pourrons recommander dans notre groupe (républicain)”.

L’accord prévoit un relèvement du plafond de la dette de au moins 2 100 milliards de dollars, pour permettre au Trésor de faire des emprunts après le 2 août. Le tout pour tenir jusqu’en 2013, soit après les élections.

Cette mesure sera accompagnée d’une première réduction des dépenses de 1 000 milliards de dollars. Une commission spéciale composée à part égale de républicains et de démocrates sera ensuite chargée de trouver avant Thanksgiving, fin novembre, des baisses de dépenses supplémentaires à hauteur de 1 500 milliards de dollars.

Dans le cas où aucun accord n’interviendrait sur des réductions budgétaires supplémentaires, un mécanisme contraignant se mettrait en place, imposant automatiquement un certain nombre de coupes, y compris pour la défense et le programme de santé Medicare pour les personnes âgées.

C’est sur ce point notamment que les négociations ont stagné ces derniers jours.

Les républicains de la Chambre, majoritaires dans cette assemblée, doivent encore entériner l’accord lundi au cours d’une réunion de groupe. Mais leur chef, John Boehner, s’est montré plutôt favorable au texte. “Ce n’est pas idéal”, a-t-il dit lors d’une conférence téléphonique avec ses membres selon un responsable républicain. “Mais quand on le regarde, on se rend compte que c’est ce sur quoi nous avons travaillé”, a-t-il dit.

Les démocrates de la Chambre doivent aussi se réunir lundi pour donner leur avis sur le texte. Le plan ne prévoit aucune hausse d’impôts sous aucune forme, ce qui risque de mal passer sur la gauche du parti démocrate.

Baisse des dépenses, pas de hausse d’impôts

Les républicains ont obtenu d’importantes baisses des dépenses sans céder sur une hausse des impôts des ménages les plus riches ou la suppression de niches fiscales, comme celle qui profite aux propriétaires d’avions d’affaires, et qui a été dénoncée à de nombreuses reprises par le président lui-même.

“Nous ne sommes pas au bout de nos peines: j’appelle les élus des deux partis de faire ce qui est juste et d’apporter leur soutien à cet accord en lui donnant leur voix dans les prochains jours”, a souligné le président.

Dans la journée de dimanche, le Sénat avait écarté une proposition démocrate pour relever le plafond de la dette, qui avait déjà été condamnée par la minorité républicaine samedi.

Après le rejet de ce plan, proposé par M. Reid, les espoirs se sont tournés vers les négociations entre républicains, démocrates et la Maison Blanche pour relever le plafond de la dette, actuellement de 14 294 milliards de dollars, avant mardi.

Les deux parties ont fait des concessions au fil des négociations, mais leurs positions restent largement opposées. D’un côté, les républicains réclament des baisses d’impôts et des réductions budgétaires drastiques. De l’autre, les démocrates veulent accompagner la rigueur budgétaire d’efforts fiscaux de la part des plus riches.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related