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Deux jeunes danseurs français récompensés à New York

Le plus grand concours international de jeunes danseurs, le YAGP, s’est achevé vendredi 27 avril à New York. Sur les cinq Français engagés, deux ont particulièrement brillé.

Ils se sont entraînés de longs mois pour quelques minutes sur scène. Pendant cinq jours, près de 400 danseurs âgés de 9 à 19 ans ont participé à la finale du Youth America Grand Prix. Cette prestigieuse compétition, fondée en 1999 et reconnue par l’UNESCO, octroie chaque année des bourses d’études dans des écoles de danse renommées. Pour les candidats, l’important n’était donc pas tant de gagner, que de séduire les membres du jury – une quinzaine au total –, pour la plupart directeurs d’écoles ou de compagnies réputées.

Séduire, un mot qui va comme un gant à Eléonore Ferré, 14 ans. Avec ses grands yeux verts, ses traits fins et son sourire espiègle, l’adolescente de Rodez pétille. Seule Française sélectionnée dans la catégorie junior, elle s’est hissée au dernier tour de la finale new-yorkaise, finissant dans les 25 premières – sur 111 candidates. Certes, Eléonore n’est pas montée sur le podium mais elle a séduit Luca Masala, directeur artistique de l’Académie Princesse Grace, à Monaco. « En regardant Eléonore danser, confie-t-il, j’ai ressenti des choses qu’on ne voit pas assez souvent : le charme, la féminité et la grâce ».

Luca Masala a invité la jeune ballerine à passer une semaine sur le Rocher pour découvrir l’école, et pourquoi pas l’intégrer à la rentrée prochaine. Entre-temps, Eléonore reviendra aux Etats-Unis cet été pour un stage de six semaines animé par le célèbre Bolchoï. Un stage qu’elle avait décroché lors de la finale européenne du YAGP, en novembre dernier.

Autre Français en compétition cette semaine : Carl Von Godtsenhoven, 17 ans. Déjà assuré d’intégrer en août l’école du ballet de Hambourg, il est venu à New York sans trop de pression. Et en est reparti avec deux propositions, dont un stage intensif en juillet au San Francisco Ballet. « C’est une chance incroyable de danser à New York, et de se mesurer à des danseurs du monde entier (23 pays représentés, ndlr), explique Carl. Le niveau de ce concours est vraiment très impressionnant. »

Un niveau très relevé. Trop, même, selon certains professionnels, à l’image d’Elisabeth Platel, directrice de l’école de l’Opéra de Paris et membre du jury. « J’ai été horrifiée par l’épreuve de pas-de-deux des plus jeunes, assène-t-elle. J’ai vu une petite Américaine de 11 ans danser Casse-noisette, alors que chez nous à cet âge-là elles n’ont pas encore les pointes. C’est absolument criminel ». Dans un milieu aussi élitiste que la danse classique, des concours comme le YAGP sont en effet à double tranchant. Une chance, pour certains. Mais une incitation, pour d’autres, à brûler les étapes. Au risque de se brûler les ailes.

 

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