Subscribe

Deux traductrices récompensées par la French American Foundation

La French American Foundation et la fondation Florence Gould ont distingué le 5 juin deux traductrices : Alyson Waters a été récompensée pour Prehistoric Times (Préhistoire) d’Eric Chevillard et  Nora Scott, pour sa traduction de The Metamorphoses of Kinship (Métamorphoses de la parenté) de l’anthropologue Maurice Godelier.

Depuis les années 1950, la traduction est devenue une discipline indépendante de la linguistique et son importance dans l’accès à la connaissance a été graduellement reconnue. Elle fait l’objet chaque année de prix qui récompensent le travail de haute précision des passeurs de langue. Seulement 3% des livres publiés aux Etats-Unis sont des traductions (17% en France). Les fictions traduites représentent 1%. Le français reste pourtant la langue la plus traduite en Amérique. Un roman sur dix de la rentrée littéraire française fait l’objet d’une traduction. Les universités proposent de plus en plus des programmes de master spécialisés dans la traduction. Plusieurs étudiants étaient d’ailleurs présents à la remise de prix mercredi soir.

La French American Foundation et la fondation Florence Gould ont distingué le 5 juin deux traductions parmi 64 livres en compétition. Dans la catégorie fiction, Alyson Waters a été récompensée pour son travail sur Prehistoric Times (Préhistoire) d’Eric Chevillard. Emue, elle a raconté que l’auteur français a été très surpris par la distinction, considérant d’abord son écriture comme intraduisible et s’estimant mal-aimé par les jurys. Dans la catégorie essai, la récompense a été remise à Nora Scott, pour The Metamorphoses of Kinship (Métamorphoses de la parenté) de l’anthropologue Maurice Godelier, directeur d’études à l’EHESS. Elle a déjà traduit plusieurs livres de cet auteur. Dans son mot de remerciements, elle a appelé aux renforcements des financements pour les traducteurs freelance qui n’arrivent pas à vivre de leur activité. Les deux gagnantes ont reçu 10 000 dollars des deux fondations.

La traduction, enjeu majeur de la mondialisation

Dans son discours d’introduction, Antonin Baudry, conseiller culturel à l’ambassade de France, a fait le parallèle entre l’action diplomatique et le rôle de traducteur. “La diplomatie, c’est faire en sorte que l’ADN français s’intègre dans la séquence américaine, créer les conditions et les possibilités d’un langage commun. L’effort de traduction est une priorité de l’ambassade, les traducteurs sont aussi des ambassadeurs de la diversité des cultures”, a-t-il déclaré.

La soirée s’est ensuite poursuivie par un panel avec Edwin Frank, éditeur des classiques de la New York Book Review, Laurence Marie, directrice du service du livre aux services culturels de l’ambassade de France et Gregary Racz, Président de l’American Literary Translators Association (ALTA) et professeur à l’université de Long Island. Edwin Frank a rappelé que toute culture est issue d’une certaine façon des traductions : “Tout le monde lit Madame Bovary ou Guerre et Paix dans sa langue natale. La traduction donne la mesure du sens. Si l’on ne peut traduire un ouvrage, il importe finalement peu.” Le service livre de l’ambassade finance des traductions en anglais à l’aide de bourses. Laurence Marie a par ailleurs lancé un appel à contributions. Les auteurs d’histoires courtes traduites et de critiques de livres sont invités à contacter les services culturels pour publication dans des journaux aux Etats-Unis.

David Bellos, président du jury, a rappelé que le système d’édition américain repose sur la traduction de l’anglais vers d’autres langues. Il serait important d’introduire plus de contrepartie, de traduire d’avantage les langues étrangères aux Etats-Unis. Certains classiques français n’ont pas eu cet honneur : L’Homme qui rit de Victor Hugo, dont l’intrigue se déroule en Angleterre, n’a ainsi jamais été traduit en anglais.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related