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Devant le Congrès, Barack Obama tente de reprendre l’initiative

Le président américain Barack Obama prononce mercredi devant le Congrès son premier discours sur l’état de l’Union, lors duquel il va tenter de reprendre l’initiative notamment sur les dossiers économiques et de l’emploi, après une série de revers.

Selon des sources au Congrès, le président va particulièrement s’adresser à la classe moyenne, durement touchée par un chômage qui ne recule toujours pas malgré la reprise de la croissance, ainsi que l’érosion des salaires et du pouvoir d’achat.

Face à des compatriotes mécontents de son bilan économique, un an après sa prise de fonctions, M. Obama va appeler le Congrès à voter des lois encourageant la reprise du marché de l’emploi, que ce soit via des aides à l’embauche, des investissements dans les infrastructures ou une stimulation des exportations, selon ces sources.

Alors qu’une fraction grandissante des Américains semble douter de la capacité du président à apporter le “changement” qu’il avait promis pendant sa campagne, l’exercice de M. Obama, prévu à partir de 21H00 (jeudi 02H00 GMT), va être encore compliqué par la récente érosion de la majorité démocrate au Sénat.

La victoire d’un républicain le 19 janvier lors d’une élection partielle a enhardi l’opposition et sonné comme un coup de semonce pour les démocrates, dix mois avant le renouvellement de l’ensemble de la Chambre et du tiers du Sénat.

Malgré cela, M. Obama va demander aux élus de continuer à travailler sur une réforme de l’assurance maladie, en leur rappelant les bénéfices qu’en tireraient des millions d’Américains jusqu’ici sans couverture santé.

Il exprimera aussi le souhait de voir le Congrès adopter une réforme du système financier pour éviter la répétition de la crise de 2008 et protéger les consommateurs de pratiques abusives des banques.

Pour la sénatrice démocrate de Californie Barbara Boxer, interrogée sur la chaîne MSNBC, M. Obama doit faire en sorte de dire “aux Américains qu’il comprend très bien ce qu’ils sont en train de vivre, et je sais que c’est le cas”.

Dès lundi, la présidence avait évoqué une série de mesures destinées à aider la classe moyenne. M. Obama espère un effet de levier sur le marché de l’emploi à moindre coût, alors que les finances publiques restent dans un état préoccupant et qu’il n’est pas question d’un nouveau plan de relance.

Toujours selon ces sources au Congrès, M. Obama réitèrera son appel à la responsabilité budgétaire mercredi soir. Le bureau du budget du Congrès a indiqué mardi tabler sur une baisse du déficit dès l’exercice 2010, mais il devrait s’établir à 9,2% du produit intérieur brut alors que la dette des Etats-Unis atteint déjà 80% du PIB.

M. Obama a dit vouloir diviser par deux le déficit d’ici à la fin de son mandat en 2013 et devrait à cet effet annoncer lors de son discours son souhait de geler pendant trois ans environ 15% des dépenses de l’Etat fédéral dans l’espoir d’économiser 250 milliards de dollars d’ici à 2020.

A titre symbolique, il vient aussi d’imposer un gel des salaires à ses collaborateurs gagnant plus de 100.000 dollars par an, après avoir emprunté des accents populistes ces dernières semaines contre les “banquiers gras de Wall Street”.

Lors de son premier discours sur l’état de l’Union – la tradition veut que le président n’en prononce pas lors de sa première année au pouvoir -, M. Obama devrait répondre à d’autres inquiétudes des Américains, comme les guerres en Irak et en Afghanistan, et l’attentat manqué d’Al-Qaïda contre un avion à Noël. Il devrait aussi évoquer un plan de lutte contre la menace bioterroriste.

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