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Dionysos : “créer des histoires, c’est dans ma nature”

Dionysos livrait lundi soir une prestation électrique au Poisson Rouge dans le cadre du festival Les Déferlantes. Avant de monter sur scène, le chanteur et compositeur du groupe Mathias Malzieu répondait aux questions de France-Amérique.

France-Amérique : Que ressentez-vous à quelques minutes du concert ?

Mathias Malzieu : C’est la première fois que l’on joue à New York et c’est génial ! Les Beastie Boys, le Velvet Underground, Patti Smith… Ils viennent tous des Etats-Unis. C’est assez émouvant !

Dionysos c’est…

C’est avant tout un groupe de rock, mais qui raconte des histoires. Il y a un côté conte surréaliste, le tout sur une musique rock détournée par des instruments-jouets : ukulélé, clochettes, scie musicale, thérémine… En fait, on aime jouer avec les codes du rock’n’roll des années 50-60 et les cuisiner à notre façon.

Votre nouvel album, Bird’n’roll, est sorti il y a quelques semaines.  Comment le décririez-vous ?

C’est peut-être l’album le plus physique qu’on ait jamais fait, le plus spontané. Il a quasiment été enregistré dans les conditions du live. Il est assez court et ça lui donne un côté instantané. C’est le côté le plus animal du groupe qui ressort. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a inventé la danse qui va avec.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette danse ?

L’idée était de faire un mélange entre le twist et les battements d’ailes d’un oiseau et de se dire que ces pas, sur notre musique, produiraient des effets secondaires magiques incroyables. D’ailleurs, ce n’est pas totalement faux puisque toute activité physique génère de l’endorphine, hormone de plaisir. Le bird’n’roll a une dimension surréaliste, ludique, à prendre évidemment au 47e degré. Mais quand le public joue le jeu, ça devient assez rigolo sur scène.

A quand un concours de danse ?

On est en train de monter un championnat du monde ! Pour l’instant on a reçu une dizaine de vidéos et on aimerait permettre aux candidats de venir danser avec nous sur la scène de l’Olympia à la rentrée. L’idée serait de décerner un titre de champion du monde de bird’n’roll. Je trouve ça poétique d’être champion du monde de quelque chose de totalement désuet.

Dionysos, c’est du rock mais c’est aussi de la poésie. Comment arrivez-vous à gérer ce grand écart ?

Ce sont des montagnes russes ! C’est un principe qu’on aime bien. On aime les contrastes, la vitesse, l’amusement, la joie. On n’a pas peur de nos émotions, qu’elles soient colère ou mélancolie. Quand je fais un morceau pour le groupe, je ne me dis pas ‘ Je dois faire un morceau rock’n’roll ou mélancolique’. J’aime bien piéger une chanson, y mettre des surprises.

D’où vous vient l’inspiration pour créer ces contes ?

C’est la vie, des rencontres, des disques, des livres, des films qui m’ont touché. C’est une gourmandise de l’aventure, des émotions que je retranscris ensuite. Créer des personnages et des histoires, c’est dans ma nature, c’est ma façon de m’exprimer. La réalité brute ne m’inspire pas assez, j’ai besoin de plus. Mais faire des choses qui ne soient qu’une bulle de rêve n’a pas non plus assez de force pour me motiver. C’est cet équilibre entre les deux, cette combustion entre le réel et l’imaginaire qui me passionne. D’où l’émergence au milieu, dans cette faille un peu bizarre, de personnages, d’êtres hybrides entre l’homme et l’oiseau, entre le monde des vivants et celui des morts, en constante évolution.

Vous chérissez l’image de l’oiseau. Pourquoi ?

L’oiseau symbolise la liberté, le champ des possibles. Tu imagines si on avait des ailes ? Si au lieu de prendre le taxi on pouvait simplement survoler New York ? L’oiseau a cette immédiateté, cette liberté et cette inconscience que je trouve fascinantes.

Depuis votre album La Mécanique du cœur, il y a cinq ans, vous avez réalisé un film, écrit un livre… Comment tout cela est-il lié ?

C’est un grand jeu pour moi. Parfois fatiguant, mais toujours magique. C’est comme quand on était petit et qu’on mélangeait nos playmobils à nos légos. Je n’ai pas envie de me dire : “maintenant je suis chanteur de rock”, “je suis écrivain” ou “je suis réalisateur de film”. J’ai envie d’aventure, de me surprendre moi-même pour pouvoir surprendre les autres avec le plus de fraîcheur possible.

Est-ce la recette de longévité du groupe ? Vous allez bientôt fêter vos 20 ans !

Et oui… Il y a vingt ans, on était une bande de potes de lycée qui avait envie de tailler la route, de réaliser ses rêves et qui était fan des Pixies… et qui l’est toujours !

Une anecdote sur le nouvel album ?

Sur la quatrième de couverture de l’album, les nom des chansons sont exactement positionnés comme les joueurs l’équipe française de foot lors du match France-RFA pendant la coupe du monde de 1982. Les chansons sont montées en 4-3-3 et la chanson Platini porte le numéro 10.

Quels projets pour la suite ?

Il y a le film à terminer, la tournée jusqu’en décembre et je suis en train d’écrire un petit recueil d’histoires courtes, un peu érotiques. Et puis il y a les Francofolies le 6 juin à Montréal.

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