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Discrimination: le kick-boxer Mohamed Dridi débouté face à American Airlines

Le tribunal de Nanterre a débouté jeudi le kick-boxeur français d’origine tunisienne Mohamed Dridi, qui avait assigné en justice la compagnie aérienne American Airlines pour deux refus d’embarquer vers les Etats-Unis, les 22 et 23 août 2007, qu’il jugeait discriminatoires.

La 6e chambre civile du tribunal a donné gain de cause à la compagnie aérienne, qui avait argué d’une absence de visa pour justifier les deux refus consécutifs d’embarquer M. Dridi à bord de l’avion, à l’aéroport de Madrid. La compagnie aérienne a réfuté tout acte de discrimination raciale.

L’ancien champion du monde de la discipline, qui comptait se rendre en Floride pour y disputer le premier d’une série de cinq combats, avait fini par monter dans un avion d’Iberia pour Miami et avait été admis sur le sol américain sans problème.

Mais il était arrivé à son gala après l’heure limite de la pesée et avait été disqualifié rapidement, ce qu’il a attribué au stress et à la fatigue dues à sa mésaventure.

“Mohamed Dridi ne conteste pas que le premier passeport, démuni de tout visa (…) ne portait aucune mention officielle précisant qu’il avait été délivré en application d’une procédure d’urgence inscrite au programme d’exemption de visa”, fait valoir le tribunal dans son jugement, que l’AFP a pu consulter.

Concernant le second refus, malgré la présentation d’un nouveau passeport obtenu au consulat français de Madrid, la compagnie aérienne arguait que le programme d’exemption de visa ne pouvait être appliqué en raison du caractère professionnel du déplacement du sportif. L’argument n’a pas été rejeté par le tribunal.

Enfin, la 6e chambre note que “Mohamed Dridi reste silencieux sur les conditions exactes dans lesquelles il a finalement pu embarquer” sur Iberia, American Airlines le soupçonnant d’avoir caché le motif professionnel de son déplacement.

L’avocat de Mohamed Dridi, Me Gilles-Jean Portejoie, a indiqué à l’AFP qu’il ferait appel de la décision. Il s’est également dit surpris que l’intervention, à l’audience du 14 septembre, de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) en faveur de son client ait été déclarée irrecevable par le tribunal.

La 6e chambre a justifié ce rejet au nom de “l’égalité des armes entre les parties”, la Halde ayant “procédé à des investigations” et ayant “même tenté une médiation entre les parties”.

Estimant que sa mésaventure lui avait coûté plusieurs primes de combat, Mohamed Dridi, 41 ans, réclamait plus de 330.000 euros de dédommagement.

 

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