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Disparition de Louise Bourgeois, une artiste inclassable et dérangeante

La sculptrice franco-américaine Louise Bourgeois, figure majeure de l’art contemporain, est décédée lundi à New York à l’âge de 98 ans, a annoncé lundi la fondation italienne Emilio e Annabianca Vedova qui prépare à Venise une exposition lui étant consacrée. En 2008, Paris et les Etats-Unis, avait accueilli une grande rétrospective cette artiste dérangeante et émouvante, intrigante et fascinante.

“C’est avec une profonde douleur que la Fondation Emilio e Annabianca Vedova apprend la nouvelle de la disparition de Louise Bourgeois, une des figures les plus grandes et les plus significatives du panorama artistique de notre époque”, a déclaré la fondation dans un communiqué.

Pour Louise Bourgeois “la vie coïncidait avec son art et elle continue de vivre à travers son oeuvre”, a déclaré son président Alfredo Bianchini, rendant hommage à sa “grande énergie” et sa “capacité créative”.La fondation s’apprête à inaugurer vendredi à Venise l’exposition d’oeuvres inédites de l’artiste intitulée “Louise Bourgeois. The Fabric Works” sur laquelle elle “est intervenue activement, jusqu’à il y a deux jours”, a ajouté M. Bianchini.

Cette artiste inclassable d’origine française et naturalisée américaine laisse une oeuvre très personnelle: des araignées géantes en acier, présentées comme des symboles de sa mère, des installations (“La destruction du père”), des sculptures-objets (“Cellules”), des silhouettes de bois monolithiques (Depression woman”) ou des pièces mêlant les matériaux (“Janus fleuri”).

Née à Paris le 25 décembre 1911 de parents propriétaires d’un atelier de restauration de tapisseries, elle étudie dans plusieurs académies d’art et suit les enseignements de Paul Colin, André Lhote, Roger Bissière, Gromaire et Fernand Léger qui l’aidera à s’orienter vers la sculpture. En 1938, elle épouse l’historien d’art américain Robert Goldwater et part vivre à New York. Elle rencontre Joan Miro, Marcel Duchamp et André Breton, expose des gravures et des peintures et entreprend de sculpter de longues silhouettes de bois.

Devenue américaine en 1951, mère de trois enfants, elle expose aux Etats-Unis, et commence à enseigner dans diverses institutions. Il faut cependant attendre la fin des années 70 et l’apparition d’oeuvres de plus en plus violentes, comme “La destruction du père” ou “Confrontation”, pour que Louise Bourgeois accède à la notoriété. Elle acquiert alors un atelier à Brooklyn, est élue membre de l’American Academy of Arts and Sciences à New York, et multiplie les expositions personnelles dans les années 80.
Une première grande rétrospective de son oeuvre est organisée au Museum of Modern Arts (MoMA) à New York en 1982.

Dans les années 90, la sculptrice, finalement reconnue par son pays natal avec une grande rétrospective au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1995, captive les Européens qui multiplient les expositions et les installations de l’artiste : Londres (1996), Bordeaux (France) en 1998, Biennale de Venise où elle est l’un des deux lauréats en 1999, à nouveau Londres en 2005, puis Bruxelles.

En 2008, Paris accueille, après Londres et avant les Etats-Unis, une nouvelle grande rétrospective de l’artiste. Plus de 200 oeuvres, sculptures, installations, peintures et dessins, retracent le travail de cette artiste dérangeante et émouvante, intrigante et fascinante. La manifestation présente notamment deux de ses fameuses araignées géantes, une dans le Forum du musée et l’autre dans le jardin des Tuileries, dramatiquement intitulée Maman.

 

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