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Disparition de Maître Capello, juge-arbitre de la langue française

Figure populaire du petit écran, intraitable sur la grammaire, Maître Capello, de son vrai nom Jacques Capelovici, mort dimanche, a incarné à travers “les jeux de 20 heures” sur FR3 le maître d’école pointilleux et sévère que de nombreux téléspectateurs gardent en mémoire.

Le sourcil broussailleux et le visage rondouillard, Maître Capello excellait dans le rôle d’arbitre de la langue française, traquant sans pitié les fautes de grammaire lors du célèbre jeu télévisé de FR3. Diffusé pendant plus de dix ans de 1976 à 1986, ce jeu mettait en scène célébrités et candidats en province qui s’affrontaient via des questions de culture générale.

Jacques Capelovici apparaît aussi régulièrement dans d’autres émissions de télévision pour des interventions ponctuées de son fameux “de bon aloi”. Son surnom de “Maître”, passé à la postérité, il l’a d’abord acquis lors de ses années de professeur. Au lycée Lakanal de Sceaux, où il enseignait l’anglais, ses élèves l’appelaient déjà “Maître”.

Aujourd’hui encore, l’expression “faire son Maître Capello”, est passée à la postérité, pour remettre à sa place un interlocuteur un peu trop pointilleux, et de nombreux blogueurs ont adopté son nom. Sans surprise, ce Parisien, né en décembre 1922 d’un père d’origine roumaine et d’une mère normande, fut d’abord un excellent élève, qui cumula les diplômes : agrégé d’anglais, certifié d’allemand, diplômé d’italien et de scandinave ancien.

Jacques Capelovici était d’abord “un passionné de la langue française, incollable sur les fautes d’orthographe et de français”, a confié à l’AFP sa fille unique Françoise Capelovici. “Dans les années 60, il faisait passer les épreuves du bac aux détenus de la prison de Fresnes”, se souvient sa fille. Si la télévision lui a fait endosser le rôle de juge-arbitre de la langue française, à la diction de professeur des écoles, “il était dans la vie bien plus souriant et marrant, aimant blaguer et très observateur”, ajoute sa fille.

“Il était l’incarnation de l’intérêt des Français pour les problèmes de la langue, mais lui s’intéressait seulement aux problèmes formels d’orthographe et de syntaxe, pas à ceux de sémantique”, souligne Alain Rey, autre maître de la langue qui vient de publier un “Dictionnaire amoureux des dictionnaires” (Plon). Féru de jeux de mots et cruciverbiste passionné, il affectionnait les palindromes et les calembours, dont l’un de ses plus connus était: “C’était une femme qui avait épousé son temps… comme Simone Signoret !”

Incollable des mots croisés, il importa en France le jeu des mots fléchés né en Allemagne et il travailla jusqu’au dernier moment pour les pages jeux du magazine Télé 7 jours, qui fut son dernier employeur jusqu’en décembre dernier. Outre son livre “Guide du français correct. Pièges, difficultés et chausse-trapes de la langue française”, il édita des ouvrages sur les mots croisés et les mots fléchés.

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