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Disparition du peintre Alain Jacquet, maître du pop art

L’artiste français, installé à New York depuis les années 60, est décédé le jeudi 4 septembre. Associé au mouvement de la figuration narrative, il détournait notamment des peintures très connues en utilisant la sérigraphie.

Alain Jacquet, artiste pop français, est décédé des suites d’un cancer le 4 septembre à l’âge 69 ans. Né le 22 février 1939 à Neuilly-sur-Seine, il était le chef de file du mouvement pop en France. Ce courant artistique a émergé dans les années 50 aux États-Unis, inspiré par la culture populaire de masse, notamment les bandes dessinées et la publicité.

Alain Jacquet a présenté sa première exposition en France en 1961 avec sa série “Cylindres”, basée sur une juxtaposition de couleurs vives, en opposition avec l’esthétique de l’École de Paris. Sa réputation s’est établie aux États-Unis et en Grande-Bretagne avec sa série “Camouflages”, initiée au début des années 60. Dès 1964, alors qu’il s’installe à New York, il commence à utiliser la sérigraphie systématiquement. Cette technique de reproduction mécanique utilisant la plus petite unité de l’écran – le point – devient le thème récurrent de son œuvre. Réinterprétant souvent différents modèles historiques, dont “Olympia” de Manet et “La Source” d’Ingres, il est surtout connu pour sa version du “Déjeuner sur l’Herbe” de Manet (1964), qui met en scène un galeriste, le critique d’art Pierre Restany, et un peintre, au centre de la peinture.

En tant que Français, il n’a pourtant jamais réussi à s’imposer comme maître du Pop Art, dont il reprend pourtant les codes, le genre étant dévolu aux Américains. Utilisant le collage, la sérigraphie, puis plus tard l’ordinateur, Alain Jacquet n’avait de cesse de détourner les images qui nous envahissent dans la vie quotidienne, se rapprochant ainsi des Nouveaux réalistes européens.

Les œuvres d’Alain Jacquet font partie des collections permanentes des plus grands musées du monde, parmi lesquels le British Arts Council à Londres, la Fondation Cartier à Paris, le Modern Art Museum of Fort Worth au Texas, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le Musée d’Art Moderne et Contemporain à Genève, le Centre Georges Pompidou à Paris, le MoMA à New York et le National Museum of American Art à Washington D.C.

Tiraillé entre les milieux artistiques de Paris et de New York, Alain Jacquet partageait son temps entre les deux capitales culturelles. Il avait épousé Sophie Matisse, l’arrière petite-fille du peintre fauviste français Henri Matisse, en juin 1992. Ils ont une fille âgée de 15 ans, Gaïa Jacquet-Matisse.

Lire aussi…
Le renouveau figuratif, un art engagé, extrait de France-Amérique n°23, du 5 au 26 avril 2008

Grandes dates biographiques

1960-1961
Rencontre les Nouveaux Réalistes, Jean Tinguely, Niki de Saint-Phalle, Yves Klein, Pierre Restany et les écrivains Harry Mathews et John Ashbery.

1964-1965
S’installe à New York

1966
Exposition collective : Art in the Mirror, Museum of Modern Art, New York

1968
Exposition personnelle au Museum of Contemporary Art, Chicago

1974
Exposition personnelle au Centre National d’Art Contemporain, Paris

1978
Expositions personnelles :
ARC Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
Musée d’Art et d’Histoire, Genève.

Jacquet s’installe à Saint-Martin, Antilles.

1988-1989
Retour à Paris. Travaille dans un atelier à Beaubourg, prêté par le Musée National d’Art Moderne.

1989
Expositions personnelles :
Biennale de Sao Paulo, Pavillon Français, Brésil.
CNAP, rue Berryer, Paris.

Vit entre Paris et New York. Travaille à l’Ensad sur le programme des nouvelles technologies de la Délégation aux Arts Plastiques.

1992
Epouse Sophie Matisse.

1993
Expositions personnelles :
Galeries Contemporaines, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
L’Atelier de New York, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.

Naissance de Gaïa.

1994
Exposition collective:The Pop Image, Malborough Gallery, New York.

1995
Exposition collective :Festival International de Film de Cannes (rideau de scène).

1998
Rendez-vous, Guggenheim Museum, New York.

2001
Exposition collective : Les Années Pop, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris

2002
Exposition personnelle : Alain Jacquet : camouflages, 1961-1964, couvent des Cordeliers, Châteauroux.

2005
Exposition personnelle : Alain Jacquet, camouflages et trames, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice.

2007

Expositions collectives :
Les Nouveaux Réalistes, Galeries Nationales du Grand Palais, Paris, France.
La figuration narrative des années 60-70, Hospices Comtesse, Lille (collection Jean COULON).

LIVRES

Alain Jacquet, Helen’s Boomerang, ed. Claude Givaudan, Genève, 1978.
Alain Jacquet, Le déjeuner sur l’herbe, 1964-1989, texte de Pierre Restany, ed. La Différence, Paris, 1989.
Duncan Smith, Alain Jacquet, ed. Art Press, Paris 1990.

CATALOGUES

Alain Jacquet, Donut Flight 6078, textes de Suzanne Pagé, Pierre Restany, ARC, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, avril 1978.
Alain Jacquet, Gaïa dans l’espace, texte de René Ricard, Alain Robbe-Grillet, Pierre Restany, Galerie de France, Novembre 1981.
Douze artistes français dans l’espace, texte de Catherine Millet, Tokyo & Association Française d’Action Artistique, 1985.
Alain Jacquet, Galerie Jousse-Seguin, Galerie Artmeudon, Meudon 1991
Alain Jacquet, l’atelier de New York 1980-1993, La terre, textes de Catherine Millet et de Nicolas Bourriaud, Centre Pompidou, 1993.
Alain Jacquet, portraits, textes d’Edouard Merino et Pierre Nouvion, Monaco, 1995.
Alain Jacquet, le camouflage, texte de Christian Bernard, Galerie Daniel Varenne, Genève, 1996.
Pop Sixties Transatlantic Crossing, texte de Marco Livingstone, C. W. Gilenn, Centre Culturel de Belem, Lisbonne, 1997
Alain Jacquet, œuvres de 1951 à 1998, texte de Catherine Millet, témoignages de M. Livingstone, M. Pleynet, P. Restany, D. Varenne, H. Szeeman, entretien d’A. Jacquet avec S. Couderc, Musée de Picardie, Amiens, 1998.
Alain Jacquet, camouflages 1961-1964, texte de Guy Scarpetta, Couvent des Cordieliers, Châteauroux, 2002.
Alain Jacquet, camouflages et trames, texte de Guy Scarpetta, Nice 2005.

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