Subscribe

Dix ans après le 11-Septembre, l’Amérique se souvient

L’Amérique qui craint un nouvel attentat mais “ne fléchira pas”, selon le mot de Barack Obama, célèbre ce week-end le 10e anniversaire du 11-Septembre, tragédie dont les quelque 3.000 morts sont à jamais inscrits dans sa mémoire collective.

La sécurité a encore été renforcée après l’annonce ces dernières heures par les autorités d’une menace d’attentat “spécifique, crédible mais non confirmée” visant à coïncider avec le 10e anniversaire des attentats à New York et à Washington. Il semblerait qu'”Al-Qaïda cherche encore à faire du mal aux Américains, et en particulier à viser New York et Washington”, a déclaré vendredi la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Dans Manhattan, plusieurs barrages de police ont été installés pour contrôler les véhicules. Des policiers fouillent les sacs dans le métro, le nombre des patrouilles armées a augmenté.

Mais lors de son allocution hebdomadaire samedi, M. Obama a assuré que l’Amérique ne “fléchirait” pas face au danger. “Aujourd’hui, l’Amérique est forte et Al-Qaïda est sur le chemin de la défaite”, a-t-il encore expliqué. “Ils veulent nous terroriser, mais, en tant qu’Américains, nous refusons de vivre dans la peur”. De leur côté, les talibans ont affirmé dans un communiqué qu’ils n’ont joué aucun rôle dans les attentats du 11-Septembre, à la suite desquels Washington a déclenché son intervention en Afghanistan. “Chaque année, le 11 septembre rappelle aux Afghans un événement dans lequel ils n’ont joué aucun rôle, mais qui a servi de prétexte au colonialisme américain pour verser le sang de milliers d’Afghans innocents et misérables”, écrivent les talibans. Les Américains restent profondément marqués par le 11-Septembre. Plus d’un Américain sur deux, selon un récent sondage, estime que les attentats ont changé sa vie. Mais après deux guerres en Irak et en Afghanistan, qui ont fait plus de 6.200 morts parmi les soldats américains et ont coûté aux Etats-Unis 4.000 milliards de dollars, beaucoup semblent désormais désireux de tourner la page. La mort d’Oussama Ben Laden, abattu le 2 mai par les Américains au Pakistan, y a contribué.

Ce week-end, l’Amérique oubliera pour deux jours ces dix ans de guerre, ses profondes divisions politiques à 14 mois de la prochaine élection présidentielle, la crise économique et le chômage à plus de 9%. Et la perte à jamais, de son sentiment de sécurité. Dans une rare image d’unité, le président Barack Obama et son prédécesseur George W. Bush assisteront ensemble à une cérémonie sur le site des anciennes tours jumelles du World Trade Center (WTC), en présence des familles des victimes. Comme à chaque anniversaire, quatre minutes de silence marqueront au total dimanche – à 8h46, 9h03, 9h59 et 10h28 – les moments où les deux avions de ligne ont frappé les tours du WTC, et l’heure à laquelle elles se sont effondrées. Comme chaque année, seront lus les noms des quelque 3.000 morts. Les familles assisteront ensuite à l’inauguration du mémorial du 11-Septembre, enfin achevé après cinq ans de travaux.

Cet espace paysagé de trois hectares, planté de plus de 200 chênes, abrite deux vastes bassins avec cascades, creusés à l’endroit exact où se dressaient les tours jumelles. Le nom de chaque mort y est inscrit sur les margelles. Autour, le site dévasté par les attentats reste très largement en chantier. Mais la tour 1WTC, symbolique du lieu et destinée à devenir la plus haute des Etats-Unis, atteint désormais 81 étages.

Pour le dixième anniversaire, de très nombreuses célébrations sont prévues à New York et un peu partout dans le pays: courses du souvenir, expositions photo, chaîne humaine dans le sud de Manhattan, spectacles de danse, rassemblement de prières, multitude de concerts. M. Obama a prévu de se rendre dimanche au Pentagone, visé par un des attentats de 2001, et à Shanksville (Pennsylvanie) où le quatrième avion de ligne détourné le 11-Septembre s’était écrasé après une intervention des passagers.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related