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Dix auteurs français dans l’Amérique littéraire

San Francisco, Detroit, Kansas City. Sous la plume de jeunes romanciers français, l’Amérique se transforme en territoire de fiction. France-Amérique a sélectionné pour vous 10 romans français   parus en 2010 dont le cadre ou l’écriture sont d’essence américaine.

1) CosmoZ, de Christophe Claro (Actes Sud)

Traducteur des plus grands écrivains américains, éditeur et critique, Claro est souvent considéré comme le plus grand écrivain américain de nationalité française. Avec CosmoZ, l’auteur revisite le chef d’œuvre de la littérature jeunesse américaine, Le Magicien d’Oz, baladant les personnages de l’œuvre originale du Kansas aux Ardennes, en passant par la Californie du vingtième siècle, dans un univers au réalisme historique troublant et à la fantaisie onirique terrifiante.

Extrait :

« L’annonce de la tornade par Oncle Henry a résonné comme un angélus et t’a donné le courage un peu stupide de t’attarder loin de la maison. Tu ne sais pas vraiment ce qu’est une tornade, même si certains récits servis en même temps que la soupe ont continué de croitre pendant ton sommeil, même si, parfois, la nuit, tu t’es réveillée en nage, persuadée d’avoir été enlevée par une haute silhouette grise qui répondait au nom de Miss Tornade. Ce qu’elle comptait faire de toi, tu ne l’as jamais su, mais ses intentions n’avaient rien de maternel, à moins qu’il n’existe un pays où les mères embobinent leur progéniture dans la soie de la peur. »

www.actes-sud.fr/

2) Des fleurs pour Zoé, d’Antonia Kerr (Gallimard).

Premier roman d’un écrivain dont l’écriture tient à la fois de Philip Roth et de Paul Auster.

Résumé :

A la veille de ses soixante ans, Richard sent la déprime le gagner. Sa femme Evelyn l’a quitté douze mois plus tôt, Manhattan l’ennuie, son travail aussi. Il décide de tout abandonner pour couler des jours tranquilles à Key West, dans une maison de retraite de luxe. C’est compter sans Zoë, la jeune nièce de son nouvel ami John-John, dont Richard tombe brutalement amoureux. A vingt-deux ans, elle est insatiable, drôle, insaisissable, joyeuse. Ils quittent rapidement Key West pour une traversée burlesque des Etats-Unis, durant laquelle se révèlent les antagonismes de ce couple bizarrement assorti. Pendant les haltes du voyage, quand Zoë n’épuise pas Richard par une libido volcanique, le sexagénaire appelle son psychanalyste. Bien qu’il soit athée, il invoquerait presque Dieu pour comprendre ce qui lui arrive…

www.gallimard.fr/

3) Le retour de Jim Lamar, de Lionel Salaün (Liana Levi).

Premier roman de l’auteur, un récit initiatique acclamé par la critique sur l’amitié, avec pour cadre le Mississippi.

Extrait :

« Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui, mais à Stanford, à l’époque, on n’aimait pas bien les étrangers. Quand je dis étrangers, je ne veux pas parler des habitants de pays autres que les États-Unis, comme le Canada ou le Mexique, et moins encore de ceux de la vieille et lointaine Europe que bon nombre de gens d’ici auraient été bien en peine de situer sur une carte. D’ailleurs, il faut bien le reconnaître, quels Suisse, Allemand ou Français, sans même évoquer d’autres peuples dont nous ignorions jusqu’au nom, seraient venus traîner leurs bottes à Stanford? Non, par étrangers, j’entends des types de l’autre rive du Mississippi, sans même aller jusqu’à l’Iowa ou l’Illinois, des gars d’un autre comté, des gens pas comme nous, des gens d’ailleurs, des étrangers, quoi ! »

www.lianalevi.fr/

4) Norfolk, de Fabrice Gabriel (Seuil). Un roman épuré sur l’exil, le deuil et la quête artistique avec Norfolk en trame de fond.

Résumé :

Gilles s’envole pour l’Amérique, destination New York. Il part sur les traces de son oncle, à la recherche d’une vérité que livrera peut-être un tableau, le portrait d’un adolescent, l’énigmatique et fameux Blue Boy du peintre anglais Thomas Gainsborough (1727-1788). Gilles n’est pas seul : sa sœur l’accompagne, double fantôme, céleste et doux, qui le guidera dans sa découverte de la grande ville, entre Central Park et Coney Island, puis le conduira jusqu’à Pasadena, en Californie… On vivra avec lui les fantaisies du dépaysement, la lente surprise des saisons qui passent, mélancoliques ou joyeuses, et la révélation sans cesse répétée de l’enfance perdue, puis retrouvée. Sans doute finira-t-on par deviner aussi de quel secret est fait le nom de sa quête : Norfolk.

www.seuil.com/

5) Méfiez-vous des enfants sages, de Cécile Coulon (Viviane Hamy).

L’histoire d’un hameau de l’Amérique profonde de l’Ouest et de ses habitants hors du commun – dépressifs, Freaks, héroïnomanes -, vus par les yeux de la petite Lua. La prose de la jeune auteure, qui n’a jamais mis les pieds aux Etats-Unis, rappelle étrangement celle de Carson Mc Cullers.

Extrait:

« Je n’ai pas rêvé cette nuit-là. Mon chagrin grandissait dans mon sommeil. Je me souviens du réveil, avec l’impression de manque, et mes parents dans l’encadrement de la porte. J’ai pris mon pantalon qui traînait par terre. Dehors, il faisait déjà chaud, mais je ne suis pas allée à l’école. La maison d’Eddy était fermée. Je me suis assise sur les marches en me disant que Kristina ne serait jamais au courant, que Freak ne pourrait pas me dire ce qu’il en pense. J’ai arrêté de croire en Dieu, j’ai arrêté de croire qu’il y avait d’honnêtes gens sur Terre, j’ai arrêté de sourire pour rien, et je me suis dit que je devais faire comme lui, au moment où j’en aurais envie, et dire aux gens d’aller se faire mettre, une bonne fois pour toutes. »

www.viviane-hamy.fr/

6) L’Envers du monde, de Thomas Reverdy (Seuil).

Un polar à l’esprit 100% américain qui se déroule dans le Manhattan de l’après 11-Septembre…

Résumé:

New York, août 2003. Ground Zero (…). Un vendredi à l’aube, on découvre le corps d’un ouvrier arabe sans identité, jeté là, dans un puits de forage. Les cendres sont prêtes à se ranimer. Le commandant O’Malley, qui se charge de l’enquête, porte un costume sombre et ne transpire jamais. De Manhattan à Coney Island, il rencontre, interroge témoins et suspects. Candice, par exemple, la serveuse aux cheveux ambrés comme la bière qu’on brasse à Brooklyn. Ou Pete, l’ancien policier qui fait visiter le chantier aux touristes et qui a eu une altercation avec le mort la semaine passée. Obèse et raciste avec ça, il ferait un bon coupable. Et puis il y a Simon, l’écrivain français de cette histoire, qui s’interroge sur l’impossible deuil de ces bouts d’existences américaines.

www.seuil.com/

7) Naissance d’un pont, de Maylis de Kerangal (Verticales).

Récit de la construction d’un pont dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier.

Extrait :

« À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. »

www.editions-verticales.com/

8) Harold, de Louis-Stéphane Ulysse (Le Serpent à Plumes).

Un étrange roman noir inspiré du tournage du film Les Oiseaux d’Alfred Hitchcok, qui capture l’essence d’Hollywood.

Résumé:

Etat de Californie, septembre 1961. Chase Lindsey, un éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L’oiseau s’appelle Harold. Bodega Bay, 1962, le tournage des Oiseaux d’Hitchcock peut enfin commencer. Harold et Chase y participent, totalement hypnotisés par la fascinante Tippi Hedren. Mais Harold est dangereux, et Tippi, en déroute… Voici le point de départ d’une histoire hors du commun : l’histoire d’un corbeau et d’une actrice. Autour d’eux, Alfred Hitchcock, Eva Beaumont, Lew Wasserman, Mickey Cohen, les redoutables frères Gianelli, Abraham Zapruder, s’affrontent et se croisent dans un récit qui flirte avec le roman noir et le technicolor.

www.editionsdurocher.fr/

9) Névrospiral, de Patrick Olivier Meyer (Calmann-Lévy).

Un livre à l’écriture pop autour de quatre jeunes désaxés en quête de bonheur: Richard, une rock star mégalo. Ian, jeune cadre dynamique obsédé par les blondes. Anita, une Bimbo persuadée d’avoir une tumeur au cerveau. Samuel, un névrosé qui vit dans la peur.

Extrait:

« Vous voyez cette pomme ? Elle est belle, hein ? Bien ronde. Bien verte ? 
– Une Granny Smith, il a dit. 
– C’est ce que j’appelle un cerveau normal. » 
J’ai mordu dedans à trois reprises, toujours du même côté, et la pomme s’est retrouvée endommagée. Une partie nickel et une autre bouffée, ravagée, plus très loin du trognon. Ca, j’ai dit, c’est mon cerveau. »

www.editions-calmann-levy.com/

10) Desert Pearl Hotel, de Pierre-Emmanuel Scherrer (La Table Ronde).

Avec ce premier roman, Pierre-Emmanuel Scherrer fait traverser l’Amérique en pleurs à son héroïne, de Los Angeles à Santa Fe, en passant par l’Idaho.

Résumé :

Pour Pandora Petersen, il n’y aura pas de Noël en famille. Doris, sa mère, vient d’être enterrée. (…) Au volant de sa Honda délabrée, la jeune femme entame un étrange voyage en forme de jeu de piste. Elle progresse entre grands espaces et sentiment de perte, chaos urbain et souvenirs d’enfance. Messages sibyllins, rencontres tour à tour inquiétantes et cocasses ponctuent sa route. De motels miteux en snacks déserts, de serveurs taciturnes en pompistes tatoués, d’embouteillages urbains en tempêtes de neige, elle se rapproche, sans le savoir, d’un secret bien gardé.

www.editionslatableronde.fr/

 

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