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“Dodo la Saumure”, le sulfureux proxénète qui a fini par se brûler les ailes

Auto-proclamé “roi des salons de massage” en Belgique, le proxénète Dominique Alderweireld, alias “Dodo la Saumure”, en garde à vue depuis mardi dans l’affaire du “Carlton de Lille”, a fini par se brûler les ailes à force de provocations.

De ses activités de patron de “bars à hôtesses” à la frontière franco-belge, tolérées jusqu’à un certain point en Belgique bien que formellement interdites par le code pénal, l’homme, âgé de 63 ans, a tiré le surnom de “Dodo la Saumure”, en référence au bain salé dans lequel sont plongés… les maquereaux. Le sexagénaire natif du nord de la France, ancien promoteur immobilier, est soupçonné d’avoir fourni des prostituées employées dans les nombreux bars qu’il exploite en Belgique à des clients d’hôtels de luxe lillois, dont le Carlton, ce qu’il a toujours nié avec véhémence.

“Celui qui est visé ce n’est pas tellement moi, c’est plutôt DSK. Il est vrai que cela arrange bien les magistrats que DSK puisse connaître Dodo la Saumure alors que ce n’est pas du tout le cas”, avait-il déclaré l’an dernier, estimant que le nom de Dominique Strauss-Kahn était apparu dans cette affaire pour nuire à l’ex-favori de l’élection présidentielle en France.

Son avocat a répété mercredi que son client “contestait formellement” avoir participé à cette affaire, après que Dominique Alderweireld eut été entendu par la PJ lilloise depuis mardi, puis placé en garde en vue et enfin transféré au palais de justice. La proximité de “Dodo” avec plusieurs protagonistes du dossier lillois, dont son ami René Kojfer, ex-responsable des relations publiques du Carlton déjà mis en examen pour proxénétisme aggravé, n’est en revanche plus à démontrer.

Une bonne centaine de “filles”

Sur procès verbal, René Kojfer a affirmé que c’était chez lui qu’il recrutait des jeunes femmes. “Il n’avait pas besoin de moi pour connaître des filles”, a répliqué avec sa gouaille habituelle le proxénète. Des “filles”, Dominique Alderweireld en a connu une bonne centaine depuis qu’il a ouvert ses premiers bars en Belgique il y a une vingtaine d’années. Certaines le décrivent comme un homme “bien”. “Il apportait les croissants”, a même expliqué l’une d’elles. Depuis des années, ce petit homme replet ne cachait pas ses activités en Belgique. Il avait notamment ouvert l’un de ses établissements face au commissariat de la police fédérale à Tournai.

Décidément bien peu discret, il a aussi bravé l’interdiction de fumer dans les cafés en Belgique en ouvrant en grande pompe un “bar à cigares”. Mais le vent a fini par tourner, la justice belge s’étant lassée des déclarations tonitruantes et des activités plus que voyantes de celui qui se plait à citer avec la même aisance les articles du code pénal (français et belge) et les batailles de Napoléon, dans des saillies dignes des dialogues de Michel Audiard.

“J’apprécie les Belges”

Déjà condamné à deux reprises en France pour proxénétisme, Dominique Alderweireld a écopé en juin 2012 d’une peine de cinq ans de prison avec sursis en Belgique. Sa compagne et partenaire en affaires, Béatrice Legrain, qui a reconnu avoir rencontré “DSK” lors d’une “partie fine” à Paris, avait été condamnée à trois ans de prison avec sursis. L’appel qu’ils ont interjeté doit être examiné à la mi-mars.

Criant à l'”acharnement” et à la “diabolisation”, “Dodo” entend néanmoins poursuivre ses activités. Il envisage même de créer un “syndicat des tauliers” (patrons de bar, ndlr) – pour faire pression afin que la Belgique légalise le proxénétisme. En attendant, la justice belge a rejeté en septembre sa demande pour acquérir la nationalité de son pays d’adoption. “Tous mes intérêts sont ici et j’apprécie les Belges”, avait-il pourtant plaidé.

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