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Doin’ It In The Park, un documentaire rebondissant

Tous les joueurs de basket-ball ont débuté sur un terrain dans la rue. Le documentaire sportif Doin’ It In The Park, réalisé par le photographe français Kevin Couliau et le journaliste multi-casquette portoricain Bobbito Garcia, investit ces terrains avec une énergie communicative. Le film sort sur les écrans le 22 mai.

Doin’ It In The Park est réalisé par deux ardents basketteurs qui cherchent avant tout à communiquer leur passion, autour de laquelle ils se sont rencontrés. Les photographies de basketteurs de Kevin Couliau ont été publiées dans le magazine BOUNCE : From the Playground, fondé par Bobbito Garcia. Le New-Yorkais a fait découvrir sa ville au Français en faisant le tour des terrains de baskets. L’idée d’un documentaire sur ce milieu particulier a alors émergé. Ancien animateur radio sur WKCR, DJ, journaliste sportif et historien amateur du basketball, Bobbito Garcia, dit “Kool Bob Love”, est une figure majeure de la scène urbaine locale. Il n’a donc eu aucun problème pour intégrer les différents terrains et faire témoigner les gloires du ballon. Avec Kevin Couliau, ils ont enfourché leurs vélos, équipés d’une caméra légère, en adoptant “une approche guérilla”, et sillonné les cinq boroughs. Après quatre-vingt-dix jours de tournage étalés sur deux étés et un détour par la prison de Rikers Island, le film prend forme. Cet esprit DIY (do it yourself ou fait maison) se retrouve à l’écran.

Le documentaire offre une immersion dans la sous-culture du pick up basket-ball. Pas d’entraîneur, d’arbitre ou d’organisation. On se présente seul, en attendant de faire ses preuves et d’être sélectionné pour jouer. New York a vu naître ce phénomène urbain, et depuis en est devenue la Mecque. Le service municipal Parks and Recreation a vite réalisé l’importance de ces activités en plein air et a doté la ville d’infrastructures ludiques et sportives en extérieur : New York compte aujourd’hui plus de 700 terrains. Les communautés qui se créent occupent la jeunesse et tentent de tenir à distance la délinquance. Le streetball possède ses propres règles et une dose de diversité raciale et sexuelle. Il est intégré aux cultures urbaines. Autour du panier, on danse le hip-hop, des MC peaufinent leurs phrasés, on parade avec la dernière tendance vestimentaire de la rue.

Bande-annonce :

Des joueurs exceptionnels ont émergé de ce milieu pour faire carrière en NBA, comme Julius “Dr. J” Erving ou Kenny “The Jet” Smith. D’autres sont restés des stars locales, comme Jack “Black Jack” Ryan, légende du court de West 4th street. Le bitume sous le panier est perçu à la fois comme la meilleure des écoles et comme une fin en soi. Si un joueur n’accède pas à une carrière professionnelle, on se considère pas qu’il a échoué. Au contraire, sans recevoir de gratification autre qu’une réputation et la reconnaissance de ses pairs, l’athlète n’est là que pour le plaisir du jeu.

Kevin Couliau a réussi à conserver l’esthétique de ses photos sportives dans ses images constamment en mouvement. “Le design des terrains est très intégré dans l’architecture urbaine, explique-t-il. Cela permet de créer de très belles compositions, tout en improvisant en permanence le tournage et en faisant oublier la caméra”. Les séquences sportives saisies sont entrecoupées d’entretiens et d’images d’archives, tirées pour la plupart des archives personnelles de Bobbito Garcia.

Selon ses créateurs, Doin’ It In The Park souhaite donner envie de jouer au pick-up basketball. En mixant belles images, histoire et sociologie urbaine sur une bande-son pointu et des morceaux originaux d’Eddie Palmieri, le défi est relevé.

A découvrir à partir du 22 mai au Maysles Cinema de Harlem (mayslesinstitute.org), puis en sortie nationale dans les prochaines semaines.

Disponible en VOD sur le site: http://buy.doinitinthepark.com/

Site du photographe Kevin Couliau: http://www.kevincouliau.com/

 

 

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