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Dominique de Villepin se positionne pour 2012

Sitôt le procès Clearstream achevé, Dominique de Villepin s’est posé en “alternative républicaine” face à Nicolas Sarkozy, un retour politique qui provoque l’irritation de l’UMP et donne le sourire à l’opposition.

A peine sorti du prétoire où il s’était plaint de l'”acharnement” du chef de l’Etat, l’ancien Premier ministre a opéré une démonstration de force en réunissant un millier de partisans mardi soir à Paris pour fustiger “la concentration des pouvoirs” et l'”esprit de cour”.

“Les Français ont le sentiment que le temps passe et que rien ne change”, a-t-il martelé, prenant implicitement date pour la présidentielle de 2012, à travers son réquisitoire contre l’action du président, arrivé à la mi-mandat de son quinquennat.

Le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, a répliqué mercredi assez sèchement à ce discours dans lequel il n’a décelé “aucune proposition concrète”.

“M. de Villepin ne propose pas d’alternative, il propose sa personne”, a-t-il déclaré à l’AFP, estimant que les électeurs ne seront “pas dupes” lors de la prochaine présidentielle.

“Le message, c’était simplement +je suis là+”. Hé bien, je crois que les Français aussi sont las. Las de ces hommes politiques qui n’ont qu’eux-mêmes à proposer en guise de programme”, a poursuivi M. Paillé.

Au lendemain de son discours combatif, l’ancien Premier ministre a encore insisté mercredi en proposant un “pacte républicain” face à la “dérive” du débat sur l’identité nationale.

“Il y a là une dérive qui montre bien que la politique est un exutoire alors qu’elle doit être au service des Français”, a-t-il déploré, avant de faire un appel du pied appuyé à Jean-François Copé.

Le patron des députés UMP, qui ne cache pas ses divergences avec Nicolas Sarkozy, “apporte un peu d’air frais” à la majorité”, selon lui. Contacté par l’AFP, l’entourage de M. Copé, qui vise l’Elysée mais en 2017, n’a pas souhaité réagir à cet hommage un peu encombrant.

Visiblement plus pressé, M. de Villepin, qui reste encore sous la menace d’une condamnation pour l’affaire Clearstream dont le jugement est attendu le 28 janvier, s’est toutefois gardé d’afficher crûment ses ambitions élyséennes, laissant cette tâche à ses fidèles.

“Ceux qui osent encore prétendre que tu es un homme seul sont vraiment dans l’erreur”, lui a assuré l’ex-ministre chiraquienne Brigitte Girardin, président du tout jeune “Club Villepin“, préfiguration d’une écurie présidentielle.

Un de ses proches, le député UMP François Goulard s’est dit “certain” qu’il serait candidat en 2012.

Au sein d’une opposition plutôt goguenarde, l’activisme de l’ex-Premier ministre contre l’Elysée a sonné comme une excellente nouvelle.

“Ne soyons pas langue de bois: tout ce qui peut affaiblir Nicolas Sarkozy venant de la droite est bon à prendre pour les socialistes. Mais pour autant, on ne doit pas s’en contenter”, a glissé le député PS André Vallini.

Chez les Verts, Noël Mamère a assuré à l’AFP que Villepin s’était surtout lancé dans “un règlement de comptes”, doutant qu’il constitue une “alternative crédible”.

“Quand il a été Premier ministre, personne ne s’est aperçu que Villepin était capable de mener des politiques alternatives à celles de Sarkozy”, a-t-il ironisé.

Pour François Bayrou en revanche, le retour de Villepin est un événement “très important”. “Plus nombreux nous serons à dire que dans ce qui se passe aujourd’hui en France, il y a des dérives qui ne sont pas acceptables, plus vite on obtiendra un changement”, a prédit le président du MoDem.

 

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