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Donna Willis, Franco-Américaine, a voté!

Comme de nombreux Américains récemment naturalisés, Donna Willis a voté cette année pour la première fois à l’élection présidentielle française. Un symbole fort d’appartenance pour cette professionnelle du monde médical, présidente de l’association “Lyon à la carte” destinée aux expatriés.

France-Amérique : Depuis combien de temps vivez-vous en France ?

Donna Willis : Depuis 2006. Je suis mariée à un Français depuis 10 ans et ai acquis la nationalité en 2007. Mon mari m’y a fortement encouragée. J’ai moi-même hésité un moment, avant de me décider à suivre des cours sur l’histoire et la culture françaises. Ce qui m’a réellement convaincue de devenir française, c’est l’attachement au principe de laïcité, qui me semble essentiel dans la défense de la liberté et de la démocratie.

Que ressentez-vous après ce premier vote de l’élection présidentielle ?

Je me sens honorée d’avoir cette responsabilité de voter en tant que citoyenne naturalisée. Aux Etats-Unis, je n’ai jamais manqué une élection, tant je considère la démocratie comme un cadeau précieux.

C’est pour vous une preuve d’appartenance à la communauté française ?

Oui, c’est un symbole très important.

Comment cela s’est-il passé au bureau de vote ?

Très bien. Comme ma carte d’identité indiquait que j’étais aussi américaine, les volontaires ont même fait l’effort de me parler en anglais, bien que je parle et comprenne parfaitement le français !

Qu’avez-vous pensé de la campagne électorale ?

Elle a été assez curieuse à observer. Mais j’ai pu la suivre d’assez près grâce aux médias sociaux, à commencer par la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. Par rapport à une campagne américaine, j’ai apprécié l’interdiction des publicités négatives. Les candidats peuvent critiquer leurs adversaires autant qu’ils le veulent, mais au moins les électeurs ne sont pas assaillis de clips incessants contre les uns ou les autres.

Avez-vous été surprise du nombre de candidats lors de cette élection ?

Non, pas vraiment. Le premier tour ressemble en réalité un peu à une primaire américaine. Mais il y a davantage de partis en France qui explorent le spectre politique, de gauche à droite, qu’il n’y en a aux Etats-Unis. C’est sans doute la conséquence du coût moindre qu’il y a en France à entrer dans l’arène politique.

Qu’avez-vous pensé des discours des différents candidats ?

Les discours des candidats étaient tous intéressants et ont contribué à apprécier les questions qui entourent l’avenir de la France. En tant que spécialiste des médias, je dirais que les meilleurs discours étaient ceux de Sarkozy, Bayrou, Le Pen et Mélenchon. En fait, Sarkozy et Bayrou avaient parfaitement compris comment articuler la substance et le style. Leur livraison est attrayante et plus facile à comprendre. On peut sentir leur personnalité dans leur façon de discourir.

Quid de François Hollande ?

Hollande parle avec beaucoup de nuances et de jeux de mots. Il me rappelle en cela un personnage du film Ridicule. Ce n’est pas un orateur né, et il n’a sans doute pas une voix de ténor, mais il a su tirer parti de ses propres qualités. Durant le débat de l’entre-deux tours par exemple, j’ai trouvé qu’il avait su garder sa posture droite, avec un vrai sens de la répartie et une cravate impeccable. Ce sont des petits détails qui comptent ! Et si la France reste plutôt un pays de droite, maintenant c’est lui qui peut dire : “Moi, président de la République…”

Que pensez-vous enfin du débat sur le droit de vote des étrangers en France ?

Le vote doit être réservé à qui obtient la citoyenneté, point barre. Mais cette question relève d’un problème plus large en France. J’apprécie la protection sociale française, en particulier son système de santé, mais je crois que trop de monde en France peut aujourd’hui en bénéficier et que cela pèse sur le coût du modèle. Les Français de souche devraient songer à protéger leur pays s’ils ne veulent pas le voir décliner.

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