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Dopage : l’épée de Damoclès

Les affaires de dopage minent le sport en général et le cyclisme en particulier. L’année dernière, le bilan du Tour de France, surnommé par son directeur Christian Prudhomme "Tour du renouveau", avait été catastrophique dans ce domaine. 2008, Tour de rattrapage ?

L’Agence française de lutte contre le dopage(AFLD) a réussi à localiser tous les coureurs qu’elle souhaitait contrôler avant le départ samedi 5 juillet du Tour de France. Jeudi 3 juillet, 126 prélèvements sanguins et 6 prélèvement urinaires ont été effectués, les autres contrôles étant programmés le lendemain. Les contrôles sanguins sont particulièrement importants car ils doivent permettre de repérer les coureurs qui utilisent l’hormone de croissance pour améliorer leur performance.

L’AFLD ne pourra malheureusement pas utiliser les données du passeport sanguin à cause du conflit qui oppose l’Union cycliste internationale (UCI) et les organisateurs du Tour de France, l’Amaury Sport Organisation (ASO). Ce passeport permet d’établir le profil sanguin des coureurs et de repérer des anomalies dans les valeurs sanguines d’un même individu d’un test à l’autre. Un autre volet, stéroïdien, devrait être mis en place plus tard.

Appelé aussi passeport biologique ou passeport de l’athlète, il est opérationnel depuis environ trois mois. Il a en été mis au point grâce au financement de l’Agence Mondiale Antidopage qui a passé un accord avec l’UCI dans le cadre des courses de son calendrier, le Pro Tour, auquel n’est pas inscrite la Grande Boucle cette année. C’est la raison pour laquelle l’UCI refuse de partager ses données avec l’ASO ou l’AFLD.

L’UCI avait annoncé avant le dernier Tour d’Italie que 23 coureurs étaient à risque sans divulguer de noms. Une pression supplémentaire pour l’AFLD "qui a prévu pour le Tour de France 2008 un nombre de contrôles élévé et une stratégie de tests aléatoires qui pourraient géner les tricheurs à l’arrivée", explique Damien Ressiot, spécialiste du dopage au journal L’équipe. "En revanche, elle ne sera pas en possession des éléments issus du passeport pour chaque coureur qui aurait pu lui permettre de cibler ceux qui sont suspects", regrette-t-il.

Eric Boyer le président de l’Association internationale des groupes cyclistes professionnels (AIGCP) et patron de l’équipe Cofidis s’inquiète aussi de la position de l’UCI qui pourrait rendre public des cas de dopage connus d’elle seule pendant le Tour de France. À l’AFLD, on estime que dans ces conditions, de mauvaises surprises sont possibles.

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