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Douglas Kennedy, un Américain à Paris

Dramaturge, auteur de trois récits de voyage et de huit romans, Douglas Kennedy est un artiste en mouvement. Il fait parler l’Histoire et les femmes, passe aisément du polar psychologique au roman d’amour classique, et n’oublie pas la critique politique.

Né dans l’Upper West Side new-Yorkais en 1955, Douglas Kennedy fuit les pressions d’une famille conservatrice et part à la conquête de l’Europe. Après de brillantes études et un bref passage par Broadway, il débarque en Irlande en 1977. Passionné de théâtre, il monte sa propre compagnie avant de rejoindre le National Theatre of Ireland. En 1980, sa première pièce est diffusée sur la BBC. Deux autres suivent, sans grand succès.

Dramaturge « médiocre », Douglas Kennedy se tourne alors vers le journalisme. Des chroniques pour l’Irish Time, puis des collaborations avec les plus grands journaux londoniens ; une interview mémorable de Sting et des réflexes dont il ne se défait pas : Douglas Kennedy déconcerte ses éditeurs avec des manuscrits remis à l’heure dite.

Journaliste indépendant, Douglas Kennedy consacre son temps libre à l’écriture. Il délaisse le théâtre pour l’aventure : l’Egypte, l’Australie et la ceinture biblique de l’Amérique profonde nourrissent les réflexions de ses récits de voyage.

Installé à Londres, il sort son premier roman, Cul de Sac en 1994.  L’homme qui voulait vivre sa vie fait de lui un auteur reconnu à l’international, et Rien ne va plus, un écrivain primé au Festival du cinéma américain de Deauville en 2003. Traduit en 17 langues, Douglas Kennedy enchaîne les best-sellers. Son rythme de croisière : un livre tous les 18 mois et 500 mots par jour. Des mots, qu’ils sont désormais plusieurs millions à lire.

Si la Grande-Bretagne, le Canada, et l’Australie ont succombé, les États-Unis résistent, jugeant ses œuvres « trop politiques » pour un public populaire. Face au rejet des siens, Douglas Kennedy reste philosophe : « s’ils changent d’avis, ils ont mon adresse ». Plus narcissique que profonde, cette « blessure » est pansée par l’engouement de ses lecteurs européens et par plusieurs projets d’adaptation cinématographique.

Une semaine par mois, l’écrivain habite son appartement du 6e arrondissement. Entre films d’art & d’essai et longues promenades dans les rues de Paris, Douglas Kennedy perfectionne son français. Ni touriste, ni businessman, il se présente comme l’homme de la « subversion de l’Américain à Paris ». Un Américain, que le public français a définitivement adopté.

La Femme du V e : Pari osé, Paris réussi

Avec son dernier roman La Femme du V e, Douglas Kennedy nous conduit dans le Paris sordide. Loin des clichés, l’auteur entreprend une ballade funeste dans les tréfonds du Xe arrondissement, d’où, sans complaisance, il décrit le quotidien des immigrés: pauvreté, traque policière et violence. L’enfer, « rue de Paradis ».Professeur de cinéma à l’université, Harry Ricks a fui le scandale et son pays, laissant derrière lui sa femme et sa fille. Pour survivre à Paris, l’Américain accepte un travail de nuit douteux, sans poser de question. Alors qu’il touche le fond, Harry fait la rencontre de Margit, une quinquagénaire hongroise des quartiers chics, mystérieuse et sensuelle. Leurs rendez-vous érotiques aspirent Harry hors du temps, alors que dehors, les décès se multiplient. Véritable thriller psychologique sur fond d’histoire érotico-métaphysique, ce huitième roman de Douglas Kennedy emmêle les genres. Pari osé, Paris réussi.

Ses livres :

« Cul de Sac » (The Dead Hart) 1994

« L’homme qui voulait vivre sa vie » (The Big Picture) 1996

« Les désarrois de Ned Allen » (The Job) 1998

« La poursuite du bonheur » 2001

« Rien ne va plus » 2002

« Une relation dangereuse » 2003

« Au pays de Dieu » 2004

« Les charmes discrets de la vie conjugale » 2005

« La femme du V e » 2007

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