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DSK : “une faute morale dont je ne suis pas fier”

Quatre mois après son arrestation à New York, Dominique Strauss-Kahn a confessé une “faute morale” qui lui a fait manquer son “rendez-vous avec les Français” mais a fermement nié avoir agressé Nafissatou Diallo et Tristane Banon, dimanche lors de sa première interview.

Deux semaines après son retour à Paris, DSK, qui a perdu la direction du FMI et toute chance de concourir à l’élection présidentielle, a répondu pendant une vingtaine de minutes aux questions de Claire Chazal sur TF1. Vêtu d’un costume sombre, le visage grave, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international, qui n’avait jamais donné sa version de sa rencontre avec Nafissatou Diallo le 14 mai dans un hôtel de New York, a admis une relation “non tarifée” qu’il a qualifiée de “faute morale dont”, a-t-il dit, “je ne suis pas fier” et qu’il n’a “pas fini de regretter”. “Ce n’est pas juste une faiblesse, c’est une faute morale”, “je l’ai payée lourdement”, “ma légèreté, je l’ai perdue pour toujours”, a-t-il dit, sur un ton combatif.

DSK a affirmé que lors de sa relation avec Mme Diallo, il n’y avait eu “ni violence, ni contrainte” et qu’il n’y avait eu aucune trace “de griffure (…) ni sur elle, ni sur lui”. Il a ajouté qu’il n’avait “pas l’intention de négocier” dans la procédure civile intentée par son accusatrice. “L’existence de cette procédure civile montre bien les motivations financières qui sont derrière tout cela”. Comme on lui demandait s’il pensait avoir été victime d’un “piège”, il a répondu: “Un piège? c’est possible, un complot, nous verrons…”. Il s’est insurgé contre l’heddomadaire L’Express, qualifié de “tabloïd”, qui avait publié des extraits d’un document présenté comme un rapport médical de Mme Diallo. Cette affaire relève-t-elle d’un “acte manqué”? “Je ne crois pas à cette thèse psychologisante”, a-t-il dit.

Alors qu’il était le favori dans les sondages pour la présidentielle, M. Strauss-Kahn a affirmé qu’il “voulait être candidat” avant son arrestation le 14 mai à New York, mais qu’à présent il ne le serait “évidemment pas”. A propos de la primaire du PS, il a assuré qu’il ne “s’immiscerait pas” dans la compétition et donc ne donnerait pas sa préférence pour l’un ou l’autre. Quant à Martine Aubry, avec laquelle il avait conclu un “pacte” (ils n’iraient pas l’un contre l’autre à la primaire, ndlr), il l’a décrite comme “une amie” qui avait été “très présente” au cours des derniers mois. DSK a rendu hommage à son épouse Anne Sinclair, une “femme exceptionnelle” sans qui il n’aurait “pas résisté”. Il a concédé avoir eu “peur, très peur” et avoir été “humilié”.

Quant à l’affaire Tristane Banon, il a récusé les accusations de violence portées contre lui, assurant que l’écrivaine avait donnée une “version imaginaire” de leur rencontre. Il a dit qu’il avait “du respect pour les femmes” et qu’il “comprenait leurs réactions”.

Quant à son avenir immédiat, M. Strauss-Kahn a affirmé qu’il allait “se reposer”, “prendre le temps de réfléchir, mais toute ma vie a été consacrée à essayer d’être utile au bien public”, ajoutant: “On verra…”.

 

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