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Du chocolat à Wall Street

Alors que Wall Street fait crise mine, la Maison du Chocolat, elle, continue d’afficher une vaillante petite croissance de 10%, et a ouvert cette semaine sa 17ème boutique en face de la bourse de New York. Peut-être justement pour réconforter les banquiers.

Lorsque l’on demande à Geoffroy d’Anglejan-Chatillon, Président et Directeur Général de La Maison du Chocolat, comment vont les affaires, il sourit tranquillement. Pour lui, la crise est plutôt synonyme d’opportunité. D’abord, « en période de crise, le chocolat, ça fait du bien. Et c’est un plaisir qu’on peut encore se permettre.» Et puis, avec la baisse annoncée de l’immobilier dans les grandes villes, c’est autant de possibilités de trouver de belles locations à moindre coût. La Maison du Chocolat, filiale du géant Bongrain, est déjà présente dans cinq pays et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Crise ou pas crise, Geoffroy d’Anglejan-Chatillon est donc résolument optimiste. Il a confiance dans sa Maison et dans New York, qui ne lui a jamais fait faux-bond depuis vingt ans que La Maison y est installée. Même aux pires moments du « Frenchgate » des années 2003.

Le chocolat, tel qu’il est conçu à La Maison, est un produit de luxe. Le maître chocolatier, Gilles Marchal, est un alchimiste, en quête de l’équilibre parfait, et son dernier livre, « La Maison du Chocolat : Timeless Classics with a Twist », qui compile ses recettes comme autant d’histoires fabuleuses, fait figure de Grand Œuvre.
Rien, évidemment, n’est laissé au hasard : des recettes d’une précision scientifique, cherchant à tirer de chaque sorte de cacao et de chaque ingrédient le mariage le plus harmonieux, un visuel élégant, qui n’est pas sans rappeler celui d’Hermès, et un service adapté à une clientèle haut de gamme « mais pas snob», rappelle Nora Hovanesian-Mann, directrice des ventes à New York.

La clé du succès, selon Geoffroy d’Anglejan-Chatillon, et ce qui permet de différencier La Maison du Chocolat des autres grands chocolatiers français implantés au Etats-Unis, c’est le développement en propre : « Pas de franchise. On garde les commandes partout dans le monde : alors, oui ça coûte plus cher, mais on veut être garant de la représentation de la marque, » explique-t-il.

La période des fêtes représente entre 25% et 30% du chiffre d’affaire annuel. La Maison du Chocolat se refuse à communiquer ses chiffres, mais l’on devine que l’on continue d’attendre beaucoup de New York : un exemple, sur 300 « sapins au chocolat » prévus à la vente -cette pièce inédite, conçue spécialement pour les fêtes, est composée de 100 pièces de chocolat moulées et découpées à l’atelier parisien, transportées à grands frais par avion et montées une à une à l’arrivée, pour un produit final de $155-, 100 sont destinées au marché New Yorkais.


Informations pratiques:

La Maison du Chocolat à Wall Street, 63 wall Street

www.lamaisonduchocolat.com

“La Maison du Chocolat, Timless Classics with a Twist”, Gilles Marchal. Aubanel Editions ($40)

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