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Duathlon gastronomique dans le Gers ravitaillé au foie gras

La Ronde des foies gras, « c’est la course la plus difficile du monde », lance Jean-Pierre Vignaux, organisateur de ce duathlon de 25 km qui passe par sept fermes autour de Mauvezin, dans le Gers, où les tartines de foie gras attendent en guise de ravitaillement.

La Ronde du foie gras est un rendez-vous festif et champêtre de bons vivants amateurs de produits du terroir qui se relaient sur les chemins de terre, l’un au guidon d’un VTT, l’autre en courant.

Les 100 premiers des 1 370 concurrents, plus habitués aux barres de céréales et aux boissons énergétiques, ignorent les toasts débordant d’un foie gras artisanal présentés sur de longues tables blanches. L’œil rivé sur le chronomètre, ils se contentent d’un gobelet d’eau sucrée au miel.

« Il y a des mordus qui ne s’arrêtent même pas pour manger », s’étonne un bénévole gersois, presque scandalisé.

Les suivants sont surtout venus pour la dégustation, la course n’étant qu’un alibi. En moyenne, un coureur enfourne pendant la compétition plus de 100 grammes de foie gras de canard, élaboré dans chacune des sept fermes traversées.

« On ne vient pas pour faire un chrono, on vient pour s’amuser et se régaler », témoigne Guy, un ingénieur toulousain de 40 ans, déguisé en tahitienne avec une couronne de fleurs autour du cou.

Son partenaire de course, Pierre, 52 ans, porte le sac à dos dans lequel ils ont glissé une bouteille de bourgogne blanc, pour accompagner le foie gras.

Dans sa ceinture de coureur de fond, Jean-Louis Nardin, un tourneur de 49 ans, a troqué les bidons en plastique pour une bouteille de tariquet (côtes de Gascogne) et une autre de jurançon. « C’est en cas de faiblesse, pour se frictionner », plaisante-t-il avant de montrer un verre à pied accroché à une de ses bretelles.

« Certains se dopent », reconnaît l’organisateur, un Gersois de 67 ans, appuyé sur une canne, coiffé d’un béret noir, un micro à la main pour diriger la manœuvre.

Pour Alain Brusc, 37 ans, ingénieur d’Airbus basé à Madrid, « la règle du jeu, c’est de goûter les foies gras des sept fermes ». Avec une dizaine d’amis, ils ont opté pour un short et un maillot roses et un bonnet de la même couleur en forme de tête de cochon.

Plus la course avance et l’heure du déjeuner s’approche, plus les ravitaillements durent. Des petits groupes s’agglutinent devant les stands de ravitaillement comme au bar d’un café de village.

« C’est dur de courir avec du foie gras dans l’estomac. Mais le foie gras débouche les artères, c’est les Américains qui l’ont découvert, et le sport muscle le cœur, donc c’est vrai qu’ils souffrent, mais ils repartent de Mauvezin en meilleure santé », assure Jean-Pierre Vignaux.

Inspirée du marathon du Médoc, en Gironde, et née en 1992 en période de crise agricole, la Ronde des foies gras est une forme de soutien aux petits producteurs du canton. Y participer est aujourd’hui difficile, des milliers de demandes sont refusées pour conserver une ambiance chaleureuse.

Les derniers à franchir la ligne d’arrivée sont parfois ballonnés, voire légèrement éméchés.

« C’était dur sur la fin, j’ai peut-être mangé trop de foie gras », analyse Patrice Léger, avant de s’installer sous les halles de Mauvezin pour un « repas tout canard » offert par le comité d’organisation.

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