Subscribe

Dublin sur le point de demander une aide internationale

Dublin s’apprêtait dimanche à officiellement demander une aide de dizaines de milliards d’euros à l’UE et au FMI dans le cadre d’un vaste plan de sauvetage des banques irlandaises, qui fera l’objet de consultations dans la soirée des ministres des Finances du G7 et de l’Eurogroupe.

“Je vais recommander que nous demandions à bénéficier du programme” d’aide mis en place il y a six mois par l’UE et le FMI, a déclaré le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, sur la radio publique RTE.
Le ministre n’a pas voulu s’avancer sur le montant de l’aide, évoquant simplement des “dizaines de milliards d’euros”. “Mais cela ne sera certainement pas un nombre à trois chiffres”, a-t-il cependant tenu à préciser. Les sommes les plus souvent évoquées par les analystes vont de 40 à 100 milliards d’euros, soit moins que les 110 milliards dont avait bénéficié la Grèce il y a six mois.
Des experts de l’UE et du FMI discutent depuis jeudi à Dublin des modalités techniques d’une aide à l’Irlande mais le pays n’en a toujours pas fait la demande formelle.
Le grand argentier devait faire sa recommandation à l’occasion d’un conseil des ministres extraordinaire qui se déroulait toujours dimanche en fin d’après-midi. Les ministres des Finances de la zone euro devaient parallèlement tenir dimanche soir une conférence téléphonique à ce sujet, mais ils ne devaient pas forcément prendre de décision à ce stade, ont indiqué des sources diplomatiques à l’AFP à Bruxelles. “L’objectif principal est de permettre au gouvernement irlandais de nous expliquer sa position. Il n’est pas prévu a priori de prendre immédiatement une décision sur l’aide”, a indiqué l’une de ses sources.

Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, devrait faire un communiqué à l’issue de la conférence téléphonique, de manière à rassurer les marchés avant leur ouverture lundi matin.
Cette réunion sera suivie de peu par une autre conférence téléphonique, cette fois-ci des ministres des Finances du G7, qui réunit les Etats-Unis, le Japon, le Canada, le Royaume-uni, la France, l’Allemagne et l’Italie.
L’intérêt du G7 témoigne de le dimension internationale qu’a prise la crise financière en Irlande: l’endettement astronomique de son secteur bancaire, durement affecté par l’éclatement d’une bulle immobilière, fait craindre une contagion non seulement en Europe mais au-delà.
Le ministre irlandais des Finances a précisé que le but était de créer un “fonds de prévoyance” dans lequel l’Irlande pourrait puiser afin de venir en aide aux banques de l’île qui ont toutes les peines à se refinancer au niveau international.

Le tout est de “faire en sorte que nous ne vivions pas un effondrement du secteur bancaire” irlandais, a-t-il averti. “Les fonds ne seront pas forcément utilisés: le chiffre servira à démontrer le soutien disponible pour garantir le système bancaire irlandais au sein de la zone euro”, a-t-il expliqué, ajoutant qu’une “partie de l’argent pourrait servir à la recapitalisation des banques”.
Le ministre a rappelé que les banques irlandaises avaient dû emprunter des sommes “massives” à la Banque centrale européenne (BCE) mais qu’une solution à plus long terme était nécessaire. “En raison du degré de leur dépendance… il est indispensable que nous approfondissions notre approche afin de régler les problèmes structurels du système bancaire”, a-t-il reconnu.
Le ministre a par ailleurs confirmé que sera annoncé “en début de semaine prochaine” un nouveau plan de rigueur, préalable à l’aide internationale. Ces mesures d’austérité visent à économiser 15 milliards d’euros sur quatre ans, soit près de 10% de l’ensemble du produit intérieur brut (PIB) irlandais. Le plan a pour objectif de ramener le déficit public record, actuellement de 32% du PIB, à 3%, conformément aux exigences de l’UE.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related