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E.sy Kennenga : “Mon style de musique, c’est avant tout un métissage“

Après avoir séduit les Caraïbes et l’Europe par sa musicalité hors du commun, le chanteur martiniquais E.sy Kennenga s’est produit les 15 et 16 mars dernier pour la toute première fois sur les planches nord-américaines. De retour à Paris entre enregistrements studio et répétitions, l’artiste antillais en vogue a accepté de s’entretenir avec France-Amérique.

France-Amérique : Depuis l’âge de 5 ans, la guitare prend une place importante dans votre vie. D’où vient cette passion ?

E.sy Kennenga : J’ai grandi au sein d’une famille de musiciens en Martinique. Ma mère, depuis tout petit, jouait constamment de la guitare à la maison. Même maintenant, elle prend souvent plaisir à faire des petits shows pour mon entourage. C’est elle qui m’a donné l’envie d’y consacrer tout mon cœur et tout mon temps. Je n’oublierai jamais mes premiers cours en sa compagnie. Lorsque je suis entré au lycée, elle m’a aussi transmis le goût de la composition. Ce qui a engendré une belle histoire d’amour avec cet instrument.

Votre aventure musicale a débuté avec le groupe “One Day” en 2001. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter vers une carrière solo ?

En effet, j’ai débuté à l’âge de 14 ans avec “One Day“, groupe composé d’amis qui, comme moi, étaient amoureux de la musique. Nous avons réalisé ensemble deux albums, “Un jour“ en 2001 puis “Il faut le dire“ en 2003, qui ont tous les deux reçu un bel accueil du public. Par la suite, le destin nous a amenés à croiser le chemin de l’un des compositeurs star de la Martinique, monsieur Joël Jaccoulet, qui s’est avéré être un vrai coup de cœur artistique. J’ai naturellement rejoint son “B. Caribbean Crew“, fer de lance de la nouvelle scène antillaise et entamé mon aventure en solo avec lui dès 2008. A partir de là, les évènements se sont accumulés très rapidement. J’ai eu l’opportunité de représenter mon île lors de l’émission de la chaîne antillaise locale RFO “9 Semaines et 1 Jour“ en 2010, de participer aux Francofolies de la Rochelle puis à mon grand bonheur, d’accomplir mon premier album solo “EK Trip“. On m’a donc offert la possibilité de chanter dans de nombreuses salles. J’ai d’ailleurs remercié tous ceux qui m’ont suivi sur les routes en leur dédicaçant un autre album qui s’intitule “Ek Trip Live”.

Vos textes s’inspirent beaucoup de votre attachement pour la Martinique, votre île natale. Comment décrivez-vous votre style musical ?

Ma musique, je la définirais comme “caribéenne”. Elle relève vraiment d’un métissage, d’un mélange de différentes influences que l’on éprouve quand on a habité dans les Caraïbes. J’aime m’amuser avec tous les styles et composer des sons originaux. Mon pays, la Martinique demeure un vrai carrefour culturel. Je puise en grande partie mes idées dans les variétés plus traditionnelles, ou comme on dit chez moi “créoles“. On peut y retrouver par exemple du zouk, de la biguine, du “dancehall“, du “Bèlè“, du “Gwoka“ que j’associe à des styles plus courants comme le reggae ou le hip-hop. La collaboration avec des chanteurs issus des DOM-TOM tels que Admiral-T, Daly, Akiyo ou encore Kassav, m’a également aidé au fil des années à développer ma propre idendité. Nous avons noué des amitiés sincères qui forment aujourd’hui notre force : celle des îles.  Je me sens très chanceux par rapport à ça. 

Le 30 août 2010, vous avez sorti votre premier album “EK Trip“. Trois ans après, vous revenez avec une deuxième version “EK Trip 2“. Que retrouve-t-on de plus dans ce nouvel opus ?

Déjà, je reviens enrichi de toutes les expériences que le premier album m’a apporté. Que ce soit les tournées, les rencontres ou encore les divers publics, je pense qu’elles ont forcément changé ma vision du monde. Cet album révèle tout particulièrement la maturité que j’ai gagné durant ces deux dernières années en tant que guitariste, auteur, compositeur et interprète. Il reflète ce que je dégage sur scène et la personne que je suis devenu. Je tiens à faire ressentir mon énergie et ma sensibilité. Quant aux sonorités, elles restent comme le précédent opus, fidèles à mes coutumes et à mon engagement humanitaire.

Durant les étés 2011 et 2012, vous avez effectué plusieurs concerts à guichets fermés en France et aux Antilles. Les 15 et 16 mars dernier, vous avez décidé de partir à la conquête de l’Amérique du Nord.  Vous étiez à New York et Montréal. Quel a été votre ressenti à la fin de vos dernières prestations ?

Franchement, j’en retiens un constat très positif de ces deux dates. La patience et le courage sont les seuls moyens d’y parvenir. Il faut pouvoir prendre des risques pour toucher un public qui nous ait inconnu. Savoir qu’il y a une forte communauté antillaise présente dans ces villes nord-américaines m’a rassuré et m’a donné confiance. Mon style de musique caribéen y a vraiment sa place. Nos voix, même dans ces endroits-là, sont entendues. Il y règne de bonnes vibrations. Le fait que les Antilles soient aussi proches géographiquement de l’Amérique à mon avis, conforte davantage.

Aujourd’hui, vous séduisez plus de 35 000 fans sur Facebook et plus de 13 000 followers sur Twitter dans le monde entier par la création du “Pinting Flash Mob”. Expliquez-nous ce concept.

Le “Pinting Flash Mob“ est un phénomène né d’un titre présent sur mon premier album qui s’appelle “Pinting Party“. Courant 2010, j’ai décidé de la remixer avec mon ami, le chanteur de “ragga“ guadeloupéen Admiral-T. La chanson étant entrainante, j’ai voulu organiser un “Flash Mob“ à l’international, c’est-à-dire un rassemblement où mes admirateurs sur les réseaux sociaux dansent dessus. Nous avons été agréablement surpris par ce succès. Cette chrorégraphie a été reprise jusqu’en Russie en passant par l’Angleterre, le Canada, la France, les Antilles et encore bien d’autres pays. Les fans doivent sûrement se sentir entraînés par l’action, le son et les valeurs que je défends dans cet air.

Un nouvel album est en préparation pour 2014, mais cette fois-ci avec des chansons écrites en anglais. Parlez-moi un peu plus de cet album.

Cet album en anglais sera mon prochain défi après “EK Trip 2“. Ce projet m’est très cher car il me permettra de dépasser certaines frontières. J’ai toujours été très imprégné de l’anglais par la présence des îles anglophones situées aux environs des Antilles Françaises. J’adore exprimer mes émotions dans cette langue. J’ai écris pas mal de titres à l’époque où je faisais parti du groupe “One Day“. Cela va être une véritable surprise pour mes fans. J’espère que j’aurai la chance grâce à cette nouvelle aventure, de travailler avec des artistes caribéens, européens, américains voire africains. Croisons les doigts !

 

Petit rappel des dates de tournée 2013 d’E.sy Kennenga :

10/04 : La Bellevilloise, Paris, FRANCE – Réserver billets ici.

17/04 : L’Atrium, Fort-de-France, MARTINIQUE (DOM-TOM)

20/04 : Lakaza, Baie-Mahault, GUADELOUPE (DOM-TOM)

24/04 : Encre, Cayenne, GUYANE

Mai et Juin 2013 : Tournée dans plusieurs villes de France

26/08 au 29/09 : Tournée à travers le Brésil (Amérique du Sud) avec l’initiative de l’Alliance Française

A noter que les billets pour les concerts Antilles-Guyane seront mis en vente dès la semaine prochaine sur ce site.

Pour les dates de tournées en France et au Brésil, plus d’informations ici.

 

Vidéo E.sy Kennenga titre “Pinting Party“ au Pranna Lounge (New York, USA, 15/03/13)

 

Vidéo Chorégraphie “Pinting Flash Mob“ (Londres, ANGLETERRE)

 


 



 




 




 

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