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EADS refuse d’abandonner dans la course à un méga-contrat de l’armée américaine

Le groupe européen EADS, maison-mère d’Airbus, a annoncé mardi qu’il se lançait avec des sous-traitants américains face à Boeing dans la course au méga-contrat des avions ravitailleurs pour l’armée américaine, un appel d’offres émaillé de coups de théâtres depuis 2003.

“EADS North America a annoncé son intention de remettre une offre le 9 juillet 2010 dans le cadre du programme de renouvellement des avions de ravitaillement en vol de l’US Air Force, en proposant le KC-45”, une version militaire de l’Airbus A330, a indiqué le groupe dans un communiqué.

Le groupe d’aéronautique et de défense européen présente son avion comme “la solution la plus performante, assemblée aux Etats-Unis, déjà opérationnelle, éprouvée et en production”.

Lors d’une conférence de presse à Washington, le président d’EADS North America, Ralph Crosby, a précisé que son groupe créerait “des milliers d’emplois” aux Etats-Unis s’il remportait ce contrat de 35 milliards de dollars pour renouveler la flotte vieillissante de ravitailleurs de l’armée de l’air.

En mars, l’ex-partenaire d’EADS sur ce programme, l’Américain Northrop Grumman, avait jeté l’éponge, estimant que la dernière version de l’appel d’offres était biaisée en faveur de Boeing.

“Nous ne recherchons pas un partenaire principal comme Northrop Grumman l’était”, a précisé Ralph Crosby, même si “en aucune manière nous n’envisageons de (produire l’avion ravitailleur) seuls”, a-t-il précisé.

EADS a décidé de se lancer avec l’appui d’une équipe de sous-traitants américains dont la liste n’est pas encore définie mais qui devrait inclure General Electric, Honeywell, Hamilton Sundstrand ou encore Goodrich.

Saluant la décision du constructeur aéronautique, le Pentagone a affirmé dans un communiqué avoir “toujours soutenu la concurrence” et a promis de “conduire un processus d’acquisition juste, ouvert et transparent”, dans “l’intérêt de nos combattants et des contribuables américains”.

Les dirigeants d’EADS ont insisté sur le fait que le KC-45 est un avion qui a déjà fait ses preuves et qui “totalise à ce jour 28 commandes de quatre pays alliés des Etats-Unis”.

“Il ne fait aucun doute que nous avons le meilleur avion ravitailleur au monde”, a conclu Ralph Crosby.

Un avis que ne partage évidemment pas son rival Boeing, qui s’est dit, dans un communiqué, seul capable de “produire un ravitailleur qui répondra aux 372 critères de l’armée de l’air américaine”.

Déplorant le “retard” pris par l’appel d’offre à cause de la demande d’EADS de repousser sa date limite, finalement reportée au 9 juillet, le constructeur américain s’est dit “confiant dans la valeur et les capacités supérieures de son ravitailleur nouvelle génération”.

Les experts du secteur, de leur côté, jugent minces les chances d’EADS.

“Il y a peut-être des avantages de long terme dans le fait de concourir, notamment de meilleures relations avec le département de la Défense, mais (…) ils ont de peu de chances de gagner”, estime Richard Aboulafia, analyste aviation chez Teal Group.

D’après une source européenne proche du dossier, EADS veut aussi “empêcher Boeing de gagner d’énormes marges” grâce aux ravitailleurs.

Interrogé sur les atouts de leur avion comparé à celui de Boeing, M. Crosby a d’ailleurs mentionné “le prix”. EADS pourrait ainsi choisir de compresser ses prix pour mettre les marges de Boeing sous pression, une stratégie à laquelle Northrop Grumman s’opposait.

 

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