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Ecrasée par l’austérité, la zone euro s’enfonce dans le chômage

Symptôme de la grave crise que traverse l’Europe, le chômage bat record après record et touche désormais plus de 18 millions de personnes dans la seule zone euro, au moment où les politiques d’austérité suscitent une forte contestation.

Le chômage s’est établi à 11,4% en août dans l’Union monétaire, a indiqué Eurostat lundi. Cela correspond à 18,19 millions de personnes sans emploi dans la zone euro, soit 34 000 de plus en un mois. Ce chiffre masque toutefois une hausse considérable du nombre de demandeurs d’emploi récemment, puisqu’il était de 18,002 millions lors de la première évaluation faite par Eurostat pour le mois de juillet.

Il s’agit dans tous les cas d’un niveau record. Ces chiffres sont “tout à fait inacceptables”, a réagi Jonathan Todd, le porte-parole du commissaire européen en charge de l’Emploi, László Andor. “Nous devons prendre des mesures pour mettre fin a la crise actuelle et donner la priorité à la création d’emplois”, a-t-il ajouté. D’autant plus que la situation n’a aucune chance de s’améliorer à court terme. “Sachant que la zone euro devrait voir son économie se contracter au troisième trimestre et risque la même chose au trimestre suivant, le chômage devrait encore fortement grimper”, estime Howard Archer, d’IHS Global Insight. Il y a même “un danger réel que le chômage de la zone euro atteigne 12% en 2013”, souligne l’économiste.

Une situation qui risque de freiner les dépenses de consommation des ménages dans les mois prochains, d’autant plus que l’inflation a accéléré en zone euro en septembre, à 2,7%, et que les politiques d’austérité se multiplient. Conséquence: la contestation monte en Europe. Des dizaines de milliers de manifestants ont battu le pavé ce week-end, en Espagne et au Portugal, deux pays touchés de plein fouet par la crise. En France, des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Paris pour dire non à l’Europe de “l’austérité” et au pacte européen qui doit renforcer la discipline budgétaire.

“Le chômage pourrait être le prochain grand défi à gérer pour la zone euro et pourrait plaider pour une plus grande solidarité au sein de l’Union monétaire”, estime Carsten Brzeski, économiste pour la banque néerlandaise ING. En un an, 2,14 millions de personnes sont venues grossir les rangs de chômeurs au sein de la zone euro, avec de fortes divergences selon les pays.

Première victime, l’Espagne. Le chômage touche une personne sur quatre (25,1%) et plus d’un jeune sur deux (52,9%), et la récession dans laquelle s’enfonce la quatrième économie de la zone euro n’offre pas de perspectives rassurantes. En Grèce, où les dernières données disponibles datent de juin, le chômage s’est élevé à 24,4%, avec une détérioration importante en douze mois. Le chômage est passé de 17,2% à 24,4% entre juin 2011 et juin 2012 en Grèce, attestant de la dureté de la crise dans les pays les plus fragiles de la zone euro.

A l’inverse, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés en Autriche (4,5%), au Luxembourg (5,2%), aux Pays-Bas (5,3%) ainsi qu’en Allemagne (5,5%). “Mais la situation se dégrade également dans les pays solides”, note Jennifer McKeown de Capital Economics, citant le cas de la France, où le taux de chômage s’est établi à 10,6% en août.

A l’échelle des 27, le chômage s’est élevé à 10,5%, comme en juillet. Il s’agit là encore d’un niveau record. L’Union européenne apparaît dans une situation bien plus critique que les Etats-Unis ou le Japon, qui ont respectivement enregistré des taux de chômage de 8,1% et de 4,1% au mois d’août.

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